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Emprisonner et surveiller : la place de l’hypersurveillance aujourd’hui ?
16 août, 2017, 19 h 48 min
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Chers amis, chers collègues,

 

C’est avec plaisir que je vous informe que voici, mise en ligne, la note de lecture de la philosophe Christiane Vollaire, parue dans la revue Pratiques, numéro 76, en janvier 2017, à propos de mon livre Emprisonner et surveiller. Vers la normalisation du placement sous surveillance électronique, Paris, Bréal, 2016 : http://pratiques.fr/La-prison-modele-de-l.html

 Il y va, bien sûr, entre autre chose, d’hypersurveillance.

Avec mes remerciements pour nos échanges.

Bien cordialement.

« Emprisonner et surveiller » (T. Ferri)



Le livre « De la domination » vu par le journal « Zibeline »
6 août, 2017, 23 h 14 min
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Chers amis et collègues,

J’ai le plaisir de partager avec vous le bel article de Gaëlle Cloarec présentant, dans le mensuel culturel Zibeline (no 109) de la région Paca, le livre De la domination, que j’ai co-écrit avec Thierry Lodé et qui a paru chez Libre et Solidaire cette année.

Pour le découvrir ou le relire, voici le lien : http://www.journalzibeline.fr/critique/77094/

Très cordialement.

 

De la domination... (couverture)



Présentation du livre « De la domination » par la revue « Esprit » sur Google Books
30 juillet, 2017, 11 h 08 min
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Pour information, j’ai plaisir à vous signaler la diffusion, par la revue Esprit de juillet-août 2017 sur Google Books, du texte de présentation de mon livre, que j’ai co-écrit avec le biologiste Thierry Lodé, De la domination. Essai sur les falsifications du pouvoir, Paris, Libre et Solidaire, 2017 :

https://books.google.fr/books?id=uYUpDwAAQBAJ&pg=PT259&lpg=PT259&dq=tony+ferri+et+thierry+lod%C3%A9&source=bl&ots=5H6uszUdVb&sig=XpSM3KPvg1ft8UBekJKiczN0zBE&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiFk9rRyLDVAhWEWhoKHQ5eBXo4ChDoAQg2MAM#v=onepage&q=tony%20ferri%20et%20thierry%20lod%C3%A9&f=false

 

Cordialement.



La surveillance électronique pénale sur Criminocorpus
19 juillet, 2017, 6 h 31 min
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Tony Ferri, La surveillance électronique pénale. Son statut, sons sens, ses effets (Préface de Jean-Marie Delarue), Bréal, 2017, sur Criminocorpus :

 

https://criminocorpus.hypotheses.org/29169

 

Bien cordialement.



Présentation du livre « De la domination » par Thierry Paquot
16 juillet, 2017, 14 h 20 min
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Chers amis,

 

Pour information, j’ai plaisir à vous signaler la parution de la revue Esprit, no 430, juillet-août 2017, « Le sexe après sa révolution », dans laquelle est présenté, dans la rubrique « Brèves », par le philosophe de l’urbain Thierry Paquot, mon livre, co-écrit avec le biologiste Thierry Lodé, De la domination. Essai sur les falsifications du pouvoir, Paris, Libre et Solidaire, 2017.

 

Voici les premières lignes de cette présentation, suivies d’un extrait du livre :

 

« Biologiste, spécialiste de la sexualité animale, Thierry Lodé associe ses compétences à celles de Tony Ferri, philosophe, conseiller pénitentiaire  d’insertion et de probation, pour explorer les mécanismes de la domination et des relations de pouvoir (…)

 

Loin donc de refléter une quelconque base répressive, la sexualité se découvre, dans la nature, comme l’expression d’un consentement mutuel, la recherche des différences et le maillage de relations égalitaires et horizontales. De sorte que la sexualité animale ne doit pas être lue, comme on le fait typiquement à l’encontre des bonobos, comme un effet de la domination, mais comme le signe de l’apprentissage à connaître l’autre et la tendance à s’ouvrir à différents partenaires en vue d’accroître positivement l’équilibre social ».

Bien cordialement.

2017_7_8   De la domination... (couverture)



Recension de « Pouvoir et politique pénale » par Jean-Claude Bernheim
26 juin, 2017, 22 h 28 min
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Chers amis,

 

J’ai plaisir à vous informer de la parution de la recension de Pouvoir et politique pénale. De la prison à la surveillance électronique (Libre et Solidaire, 2016), établie par le criminologue québécois Jean-Claude Bernheim et parue dans la Revue de science criminelle et de droit pénal comparé, janvier – mars 2017, p. 204-206.

 Je reproduis ici les premières lignes de cette recension, et merci pour ce partage et votre intérêt :

 « Dans ce nouveau livre, Tony Ferri poursuit sa démarche d’analyse du système de contrôle social qu’est le système tentaculaire de justice criminelle et plus particulièrement la prison et son prolongement, le placement sous surveillance électronique (PSE). En trois chapitres denses, il aborde l’importance d’un usage rigoureux du vocabulaire et les « modalités contemporaines de l’enfermement » dans le premier ; dans le second il scrute « l’habitat » du surveillé en parallèle avec « le dedans » qu’est la prison ; dans le dernier, Ferri se fait plus incisif en dévoilant le déploiement de la carcéralisation du milieu libre. […]

 La matérialité de l’enfermement n’est en fait qu’une question de degré. Le dedans comporte des murs, le dehors de l’électronique, un mur invisible à l’œil, mais tout aussi circonscrit dans la tête et sur le corps de celui qui est affublé d’un bracelet. C’est cette invisibilité qui en fait une obsession tout en assurant « de rendre le milieu libre coextensif à la prison » (p. 33) »…



Parution du livre « La surveillance électronique pénale » (Bréal, 2017)
31 mai, 2017, 17 h 28 min
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Chers amis, chers collègues,

Je suis heureux de venir vous annoncer la parution effective de mon livre « La surveillance électronique pénale. Son statut, son sens, ses effets » (Bréal, 2017). Le livre est surmonté d’une excellentissime préface de Jean-Marie Delarue, ex-Premier contrôleur des lieux de privation de liberté.

Voici deux liens vers sa présentation :

http://librairie.studyrama.com/produit/3759/9782749536682/La%20surveillance%20electronique%20penale%20 ;

https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782749536682-surveillance-lectronique-p-nale-son-statut-son-sens-ses-effets-tony-ferri/ .

 

9782749536682_1_75

 Bien cordialement.

 



Photo fichier Wikipédia de Tony Ferri
31 mai, 2017, 17 h 16 min
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Photo émanant de Wikipédia de Tony Ferri :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Tony_Ferri,.JPG

Source Wikimédia :

Photo fichier Wikimédia du philosophe Tony Ferri, à la radio télévision suisse, en 2015

 



Le rouge et le brun (et vice-versa)
17 mai, 2017, 10 h 08 min
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Texte paru sur le site du Nouvel Obs le 13 mai 2017.

Non à tous les extrémismes ! Non à Alien Brossateu !

Mon double, au sens de Dostoïevski, est de retour ! (suite de ma lettre à mes amis de gauche retrouvée dans la corbeille à papier).

Le rouge et le brun (et vice-versa)

« Bien des gens ont raison de relever la patente interchangeabilité de la place et du rôle des partisans des extrémismes. Et l’image est effectivement saisissante : vous vous dites qu’il suffit simplement d’habiller un de ces personnages, ô combien nerveux, colériques et vociférants de la gauche ultra, d’une moustache brune pour constater immédiatement, avec stupeur et sans l’ombre d’un doute, sa ressemblance avec l’un de ces pâles agités de la droite extrême. Au point que, face à ce constat, vous sentez non seulement, jusque dans les profondeurs de vos entrailles, que, à supposer qu’on vous le demande, vous seriez  bien en peine de les distinguer ou de les opposer l’un et l’autre, mais que, sous les divers aspects du discours, de la gestuelle, de la psychologie et de la physiologie, le premier ne constitue rien que le prolongement du second, et réciproquement.

De sorte que je concède volontiers à ceux qui me le susurrent à l’instant à l’oreille que cette ressemblance est parfois si complète qu’il n’est pas impossible non plus que le gauchiste ultra puisse se plaire à s’afficher déjà avec cette moustache brune… Sur ce point, je ne suis pas sans savoir que vous connaissez de pareils personnages autour de vous, puisque je me suis déjà ouvert à recueillir l’afflux de vos témoignages, comme le fait solidairement un psychologue dans son cabinet.

Néanmoins, vous avez encore raison d’attirer l’attention sur le fait que ce désir irrésistible, manifesté par le fasciste de la gauche extrême, de porter cet amas concentré de poils bruns, drus et vieillis, dans un tout petit espace étriqué au-dessus des lèvres, ne vise pas seulement à masquer la permanence de la moue et du visage grimaçant, à l’extérieur d’un corps replet, éventuellement claudiquant et surtout convulsif. Il n’est en fait que le symptôme d’un affect plus profond et très particulier, dont il conviendrait, certes, d’établir ensemble, et scientifiquement, la curieuse généalogie si nous en avions le temps, mais dont, compte tenu de votre insistance, nous pouvons nous entretenir brièvement et gaiement.

Un ami, et philosophe fin, m’a suggéré de prendre pour base de nos réflexions communes le constat percutant, sans appel et partagé de si nombreuses fois sur les réseaux sociaux, qu’a dressé Jérôme Fenogliodans son magnifique éditorial du journal Le Monde, en date du 04 mai 2017, à propos du « visage de l’extrême-droite ». (Cf., http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/04/editorial-marine-le-pen-le-visage-de-l-extreme-droite_5122129_3232.html ).

Le journaliste et directeur du Monde y écrit, en effet, avec beaucoup de justesse et de raison, que le but de l’extrémisme, ici de droite – mais pourquoi pas aussi, la question méritant d’être posée, d’une certaine gauche défaite, recluse dans d’effrayantes courtes vues et bégayant incessamment un trotskisme affadi et défraîchi, parce que revu et corrigé par les héritiers de la tête de Mao dans une si insigne bouillie doctrinale que Karl lui-même, vous savez, mon chat, n’y retrouverait pas ses petits -, « n’est pas d’échanger, mais d’abaisser », que « sa stratégie n’est nullement de convaincre, mais de nuire », que « son projet n’est qu’une entreprise de démolition », que sa monomanie est sans cesse celle de « l’invective », de « l’injure  », de « l’agressivité faussement souriante et réellement grinçante ». En outre, cet extrémisme-là lui apparaît, à juste titre, comme s’inscrivant dans l’héritage « d’une pratique politique qui a toujours reposé sur le dénigrement et la menace », et comme signant son indignité en allant jusqu’à chercher « à profiter de toutes les peurs, à creuser toutes les fractures et à attisertous les fantasmes ». Peut-on mieux dire ?

 Je vous accorde que ces lignes, superbes et brillantes, mériteraient d’être inscrites sur le fronton de toutes les écoles et de toutes les universités républicaines, et que je suis prêt à souscrire à votre volonté d’exiger des petits professeurs, parfois grossièrement indisciplinés et passablement oublieux de ce socle républicain fondamental, qu’ils les apprennent par cœur et les récitent, de temps à autre, devant un inspecteur scolaire ou le président de l’université, garants l’un et l’autre des valeurs de la République au quotidien, avant tout recrutement, toute promotion, toute mutation, tout versement de salaire. Car il va sans dire que l’enjeu est bien celui de ne pas gâter le jugement des jeunes par toutes ces vilenies assombries par le caractère brunâtre ou rougeâtre des idéologies extrémistes, et de préparer consciencieusement l’avenir des enfants de la Patrie.

Par un effet d’aimantation des extrêmes qui s’observe,  »ici comme ailleurs », il est en fait frappant de remarquer que le tableau établi par le quotidien Le Monde sur l’inquiétant visage de l’extrême-droite présente bien des accointances avec celui d’un certain extrémisme de gauche, dès l’instant où l’un et l’autre visages partagent un luxe de traits de vitupération imbécile et se reconnaissent à leur ancrage dans une posture – imposture commune de vomissement haineux propre à ternir timbre de voix et à empuantir l’atmosphère.

Insincères et belliqueux en leur for intérieur, n’hésitant pas faire usage d’attaques ad hominem - c’est l’une de leurs caractéristiques communes -, vous avez effectivement tout lieu de penser, tant cela brûle les yeux, que le propre des extrémismes réside, au fond, dans l’adoption et la circulation d’un fascisme comportemental de fait : refus catégorique de la nuance et de la mesure, déni de l’importance de la pensée alternative, dénigrement et rejet systématiques de l’autre, ignorance de l’histoire des institutions politiques, principe d’assujettissement aveugle à un  »tondu », pas au sens du port de la moustache, mais au sens bonapartiste et autoritariste du terme, motifs répétitifs en faveur du maintien, coûte que coûte, d’une grogne incessante et de l’installation de nuits polaires durables sans le moindre signe avant-coureur d’espoir et de lendemains qui chantent, raidissements relationnels, indistinction entre amis et ennemis en raison de la pratique d’une règle de violence inhérente à leurs propres rapports familiers internes, constitution de chiens de garde temporaires qui aboient ou remuent la queue au moindre sifflement du pseudo-maître et qui, quoiqu’ils se sentent investis de missions, fussent-elles insignifiantes, sont immédiatement destituables en fonction des intérêts du moment, etc. Autant dire qu’il ne fait pas bon vivre sous de pareilles latitudes oxydantes et étouffantes.

Mais il nous faut encore nous demander à quoi tient plus subtilement l’expression de cette fascination, par les extrémistes de tout poil, moustachus ou presque, pour la rancœur. Sur un plan psychologique, le recours à la philosophie de Nietzsche est ici éclairant. En effet, comme je l’ai déjà indiqué ailleurs, le philosophe du soupçon nous a souvent alerté sur l’existence d’un instinct des plus abjects, dont il est primordial de se garder, à savoir celui du ressentiment, qui pousse bien des gens vers l’esprit de caniveau et, pour tout dire, vers le malheur et l’affliction.

Nietzsche soupçonne d’ailleurs que le ressentiment reste paradoxalement une morale, ou plutôt une doctrine moralisatrice renversée, puisque, d’une part, il constitue un aliment adipeux pour ses adeptes, qu’il s’enracine dans des principes et des préceptes autant transmissibles qu’imbriqués avec l’obscur esprit de vengeance, et qu’il est totalement aspiré, tel un trou noir, vers la négativité, la pulsion thanatologique ; et puisque, d’autre part, se figeant dans un rapport purement réactif au monde et aux autres, il ne peut s’empêcher de se porter indéfectiblement à l’animosité et à la rancune universelles, et qu’il se nourrit, en circuit fermé, de ce qu’il se souvient de blessures mal cicatrisées, d’offenses ou de préjudices qu’il croit avoir subis et qui tiennent en réalité à la fabrication, par le tempérament de l’aigreur qui lui est intimement lié, de ses propres frustrations successives et échecs rabâchés. Il nous faut convenir que la morale du ressentiment est une morale des éternels vaincus qui se confondent dans la complainte des maux qu’ils s’infligent, et insister pour dire et redire, en effet, qu’elle n’est rien qu’une morale des perdants qui se noient dans la supplique de la défaite… C’est pourquoi un trotskisme décomposé, avorté, dont le profond insuccès est mal digéré, ne peut entraîner, il est vrai à la manière d’un cas d’école, qu’une disposition d’esprit à la vindicte basse et ennuyeuse.

Si donc le ressentiment est le symptôme de la submersion de la conscience par les souvenirs que celle-ci rumine constamment, cela signifie plus largement, pour Nietzsche, que l’homme du ressentiment – dont Max Scheler a par ailleurs excellemment tout dit – est semblable à un « dyspeptique », qui ne parvient pas à finir de rien et qui n’est donc plus en capacité de créer de nouvelles possibilités. (Cf., sur ce point, Généalogie de la morale, 2e dissertation, §1). De là vient le déluge des dissonances et des aigreurs des extrémismes, aux lueurs pourpres et sombres culminant dans la jonction avec le monochrome – déluge qui n’exprime, dans le fond, rien qu’un agacement, et sans doute même rien qu’un délitement, des nerfs.

Alors que pouvons-nous faire pour aider ces pauvres hères de l’extrémisme radical, particulièrement marqués par cet état affectif, au caractère heurté et figé dans la cristallisation du souvenir ? Un traitement médical, à base de suppositoires républicains, me direz-vous, pourrait éventuellement faire l’affaire, à condition de les administrer précautionneusement, au moyen de gants imperméables et selon une régularité quasi kantienne, à savoir deux le matin et deux le soir. Soit. Cependant, en cas d’inefficacité de la posologie, existe-t-il un traitement alternatif, susceptible de donner le change ?

Pas si simple, je vous l’accorde, avec les chiens de garde ou de somme de l’extrémisme effondré par le remords. Néanmoins, à votre convenance, je puis vous confier les singularités d’une autre méthode, qui a déjà fait ses preuves, et qui ne manque pas d’efficacité et de… crudité. Un chirurgien républicain, de renom, l’a maintes fois testé sur ses patients marqués au fer rouge de l’extrémisme, si je puis m’exprimer ainsi. Vous permettez un instant que je reprenne mes esprits pour vous en révéler l’étonnante recette. Merci ! Bon, bon, voilà, voilà… le traitement de choc.

Ce médecin, très libéral et fort gai, a remarqué que, lorsque l’extrémiste entre en transe d’injures, ou en crise de nerfs, aboyant ici, hurlant là, vitupérant encore là-bas, il est bon de le laisser s’épancher bruyamment. Inutile de désespérer en vous faisant la réflexion que le républicain est bien trop bon ! Apprenez à rester dans la tolérance voltairienne et l’accueil de notre patient, je vous prie.

Plus exactement, ce traitement vient de ce que le toubib a fait l’incroyable diagnostic physiologique suivant : en effet, dans l’exacte mesure où la bouche du patient extrémiste – dans sa version rouge ou brune, peu importe ici, puisque c’est tout un – a ceci de particulier qu’elle est directement connectée à son anus, il en résulte qu’il n’est pas possible de colmater, d’une manière ou d’une autre, et ce d’un bout à l’autre, l’hémorragie haineuse et défécatrice du facho. Le seul moyen est donc de faciliter son épanchement, à condition toutefois que vous veilliez à vous en écarter, parce que sa logorrhée, qui n’est pas loin de confiner à une diarrhée continue, risque de vous infecter amplement l’air et l’espace.

Rappelez-vous donc l’exigence de vous tenir éloignés de lui, à bonne distance, et laissez-le alors se vider massivement, tout seul, par tous les pores de sa peau et par tous les trous, de façon à permettre l’expulsion de toute la crasse malodorante, ordurière et haineuse qui forme un bouchon justement aux extrémités. Vaquez à vos occupations pendant qu’il trempe dans son jus brun marron, relisez Montesquieu et Michelet, ou allez voter.

Si vous ne respectez pas ces consignes de distanciation, vous courrez, à tout le moins, l’inconfortable péril – permettez-moi l’emploi de cette expression à la troublante image – d’essuyer un bombardement de merde, de Taipei à Paris… Et puis, pour le clou du spectacle, au bout d’une trentaine de minutes, après avoir laissé sécher l’extrémiste radical au soleil rouge levant, il ne vous restera plus alors qu’à l’exhiber en… je… je n’ose pas vous le révéler, tant ce dernier point semble empli de verdeur, et tant il est incompatible avec mon éducation républicaine, ma retenue naturelle (aidos).

Ah, zut ! Zut ! Voilà que Karl vient d’uriner sur La Révolution permanente. Tu ne pouvais pas faire attention et rester dans ta litière, ma boule de poils adorée, aux moustaches sensibles ! Quel souillon, ce Karl ! ».



Le cas Badiou
17 mai, 2017, 9 h 46 min
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Texte paru sur le site du Nouvel Obs le 02 mai 2017.

 

 Voici la suite de la lettre écrite par mon double, au sens de Dostoïevski, et retrouvée dans la corbeille à papier…

 

 

Le cas Badiou

(ou la boursouflure de la gauche ultra bien-pensante)

 

 

 « Je vous prie de bien vouloir noter que le cas d’Alain Badiou m’a ému ces derniers temps. Arrêtez-moi si je ne m’abuse : bien inséré dans le tissu social, vivant sur les dividendes de sa relative notoriété, retiré dans ses belles pénates spacieuses, confortablement assis dans son canapé en cuir, se délectant chichement de délicieux mets mûrs et de succulentes écrevisses élevées par toutes ces petites gens grouillants et déroutés, issus des flux migratoires, il est de ceux qui prêchent actuellement l’isolement ou le désintéressement, quasi kantien, à l’égard des urnes. Du haut de son éclat et de sa superbe, on pourrait même hésiter, s’agissant de l’exemplarité de sa conduite, entre le désintéressement kantien et la contemplation aristotélicienne ou aristocratique, tant il paraît s’amuser fièrement de sa posture seigneuriale.

 

Renoncez néanmoins à vous désespérer de cette tendance à la mode. Pur produit des médias qu’il critique, étant de tous les plateaux télévisés, bénéficiaire des contrats éditoriaux avec les plus puissantes et monopolistiques maisons d’éditions françaises, jouissant d’une liberté d’expression démocratique et d’une vitrine marchande sans égal tout en jouant à dénoncer ledit régime démocratique et le système capitaliste dont il se repaît, bref contractant, avec luxe et bon jus, avec le système néolibéral qu’il dénonce journellement, peut-être seriez-vous tentés de croire que ses prises de position et ses mimiques tiennent de la comédie du pouvoir. Moi qui ne fréquente pas les bonnes adresses, je ne saurais vous dire, si vous me le demandiez, avec qui il déjeune. Cependant, je vous l’accorde :  il n’est certainement pas le seul, dans le paysage intellectuel contemporain, à la française, à surjouer la désespérance et à prodiguer, au peuple en souffrance, ses remarquables conseils. Concédez tout de même qu’il puisse se distinguer des autres par le fait qu’il ait acquis sur les petites gens, et de bonnes grâces, depuis le temps de ses langes, la supériorité de posséder une science, la science des  »conditions matérielles d’existence », bien plus que n’importe quel ouvrier de France ou n’importe quel migrant du monde.

 

Ce qui vous choque sans doute d’emblée, c’est que les gens dont ils se réclament, dont il prétend servir les intérêts, le sourire aux lèvres, la mine épanouie, comme par exemple la population de la Seine-Saint-Denis, ne s’y trompent pas : eux, qui vivent, dans leur chair, les inquiétudes concrètes de la montée de l’extrême-droite, qui ont viscéralement peur pour leurs enfants (sentez-vous la portée du mot ‘’viscéralement’’ ?), qui craignent tout bonnement pour leurs droits les plus élémentaires (entendez-vous le sens profond de ‘’droits élémentaires’’ ? ), ne sauraient se payer le luxe de l’indifférence, pas davantage qu’ils ne sauraient se payer de mots philosophiques. Ils n’ont d’autre choix que de se déplacer massivement dimanche, croyez-le bien ! Ils ont bien conscience que ce n’est pas, lui, Badiou et ses camarades, qui, candides spirituellement, beaux comme des diables, joliment blancs de peau aux reflets si laiteux, feront prioritairement les frais des lois immédiatement‘’scélérates’’ qui ne manqueront d’être imposées, en cas d’accession au pouvoir du Parti fasciste. De son canapé feutré, il ne lui restera plus, avec une partie de l’intelligentsia de gauche, qu’à contempler, depuis la France de France, ou l’Afrique du Sud ou Taïwan, grandiosement hébété et grassement repu, de ses beaux yeux perçants, avec le livre de la Critique de la raison pratique à la main à faire tournoyer avec ses compagnons de route, le si sidérant et odieux spectacle annoncé.

 

N’allez pas croire, mais chers amis de gauche, que la position de Badiou soit à ce point originale et somptueuse qu’elle mériterait  que, tous en cœur, les mains béatement jointes, dans un silence quasi religieux, nous nous prosternions et que les messieurs endimanchés, nourris à la philosophie lumineuse, mettent bas les chapeaux. Souvenez-vous que, indépendamment de sa noble stature d’homme d’affaires, euh de gauche pardon (j’ai parfois l’esprit embrouillé, c’est pourquoi j’en appelle à votre capacité de tolérance pour n’avoir pas à souffrir vos rigueurs), sa profession en faveur du désintéressement a été partagée, bien longtemps avant qu’il n’ouvrît lui-même ses yeux vernis d’un éclat clair et séduisant, par toute une frange de la bien-pensance de la gauche allemande du début des années 1930 (si, si, allez, en bons petits rats de bibliothèques, dépoussiérer bien des archives), qui, lors de l’agonie de la République de Weimar, avait adopté la même posture « orgueilleuse et inconsciente » de l’immobilisme, du ‘’niet’’ aux urnes, les bras croisés et boudant, sans se soucier des conséquences dramatiques de ce geste funeste.

 

Certes, malgré les accointances patentes entre les périodes d’hier et d’aujourd’hui, vous m’objecterez sans doute cette évidence que subsistent entre elles des différences fondamentales, et je suis bien d’accord avec cette lapalissade (c’est d’ailleurs le propre de la lapalissade que d’emporter l’adhésion de tous, n’est-ce pas ?) : cette Allemagne connaissait une crise économique sans précédent, une inflation si galopante et un chômage si exorbitant que, par comparaison, j’ai bien dit par comparaison, nous pourrions presque nous considérer aujourd’hui vivre dans le plein emploi et une opulence partagée.

 

Néanmoins, remémorez-vous le fait que le raisonnement d’une partie de la gauche ultra de l’époque n’en était pas moins identiquement ‘’artificieux’’ que de nos jours, et consistait à rabattre, sur le même plan – j’insiste encore sur l’expression ‘’le même plan’’ -, républicanisme et fascisme. Dans le contexte de cette époque troublée, le trait d’union entre les extrêmes d’un côté et les extrêmes de l’autre (du moins, pour une partie d’entre eux) se reconnaissait au fait qu’ils tenaient pour seuls responsables des problèmes que rencontrait tragiquement le pays les détenteurs de capitaux. Nous savons combien l’abstention, le laisser-faire, l’abandon, la trahison par cette gauche de bon aloi (veuillez m’excuser, je ne parviens pas à trouver la meilleure terminologie, tous ces mots se bousculent et entrent en concurrence dans ma tête) ont largement contribué à la prise de pouvoir, électoralement parlant, du National-Socialisme. Et oui : dans la désignation scandaleuse et fourre-tout de ce qu’on appelait à l’époque la « juiverie », ils avaient déjà mis un visage à leur ennemi commun. Pouah ! A la bonne heure ! A la République du pognon ils finirent, au moins par complaisance et indifférence, par préférer le fascisme des non-droits et de la violence, qui n’en reste d’ailleurs pas moins un régime adorateur du veau d’or. Si vous saviez combien je prie maintenant pour que Badiou et ses suiveurs ne reproduisent pas aujourd’hui, à la faveur d’un mièvre copier/coller, et même si c’est avec la force de la belle âme (au sens de Hegel)  dont je me refuse de douter, l’identique erreur de jugement. Chaque jour je me rassure en me disant que ce n’est pas possible, que ce ne sera pas le cas, qu’il se déplacera dimanche avec les immigrés de Montreuil et d’Aubervilliers, et que le fascisme ne passera pas. De toute façon, ne me demandez pas s’il ira remercier les gens de la droite raisonnable en cas de recul du fascisme. Je ne doute pas que sa coquetterie l’empêchera de franchir le pas.

 

Inutile de vous agiter pour défendre bruyamment Monsieur Badiou, en insistant pour dire qu’il réfléchit pour le peuple, et qu’il met même du cœur à l’ouvrage pour repenser le communisme, ou l’un de ses avatars. Si sa proclamation en faveur d’un désintéressement politique à l’égard des urnes vous semble, par ces temps de fascination pour le militarisme politique, inquiétante, suicidaire et, pour tout dire, égoïste (tant il est vrai qu’il ne sera pas ‘’électivement’’ visé par les mesures qui ne manqueront pas de se mettre en place si d’aventure l’innommable triomphe demain, insistons-y), pour ma part elle me paraît, de surcroît, dénuée de discernement. Bon, bon, je vous demande d’accueillir avec obligeance ma témérité de tenter, timidement, un bras de fer bien inégal avec la puissante et magistrale Babylone rouge vive de Badiou.

 

Attendez un instant, s’il vous plaît.. Comme j’ai eu des frissons dans le dos, il m’a fallu caresser mon chat.. Karl, va dans ta litière, je te prie ! Quelle glue celui-là ! Excusez-moi… Où en étais-je ? Ah oui, au cas Badiou.

 

Figurez-vous que le penseur hardi n’a de cesse de souligner, dans ses écrits et sur le petit écran, que son désintéressement tient au fait que, principalement (mais attention pas seulement), le champ électoral d’aujourd’hui est privé d’une dualité ou d’un duel authentique entre au moins deux visions hétérogènes l’une à l’autre. Au fait, soit dit en passant : j’ignore pourquoi bien des philosophes ont en commun de céder à la pente du dualisme. La ‘’res cogitans’’ et la ‘’res extensa’’ ici, le monde intelligible et le monde sensible là… Dans le cas Badiou – que je crois, en bon esthète, admirateur de Kant -, ce serait plutôt, j’en conviens, celui du phénomène et de la chose en soi. Peu importe, après tout…. Aïe ! Karl, retourne dans ta litière ! Quelle tête de mule alors ! Comme il aime à me taquiner !

 

Vous avez effectivement identifié l’idée centrale – les philosophes diraient en effet, le visage grave,‘’principielle’’– de la doctrine de Badiou : dans le système démocratique actuel, il n’y aurait en fait lieu de voir, selon lui, ni une quelconque opposition politique ni, comme en littérature, un quelconque rythme binaire. Politiquement, il est ferme dans ses bottes – brunes ou rouges, j’hésite maintenant à cause de ma pauvre acuité visuelle – l’alternance n’est pas une alternative suffisamment sérieuse. Bref, à ses yeux, le bipartisme n’est autre qu’un écran de fumée. Soit. Il n’en irait d’ailleurs pas autrement avec le tripartisme ou le quadripartisme, et que sais-je encore ?, si une des conditions qu’il avance indéfectiblement n’était pas remplie. Car à y regarder de plus près, vous ne serez sans doute pas éloignés de considérer qu’au fond de la locomotive conceptuelle de Badiou se loge la thèse selon laquelle tout ce qui n’a pas trait, de près comme de loin, au communisme, est à mettre dans le même paquet. Voilà le nœud. De sorte que, partant de ce postulat, il s’autorise à ne plus faire de différence entre le républicanisme et le fascisme, la démocratie et le bonapartisme, la monarchie et le despotisme, l’anarchie et le tsarisme, et que sais-je encore ? Autrement dit, pour qu’il y ait deux visions véritablement concurrentes et qu’on échappe à l’effet de bouillie politique, il faut, selon lui, qu’il y ait fatalement le communisme d’un côté, et puis quelque chose d’autre en face, peu importe la nature de ce quelque chose d’autre d’ailleurs, pourvu que le communisme soit là, presque en chair et en os, fier comme un coq. Sans le communisme, on reste à 1, aucune combinaison ne permet d’atteindre 2 sans lui, et encore moins 3 ou 4. D’où le fait qu’il fasse fi de la radicale hétérogénéité, tant sur les plans idéologique et institutionnel qu’historique, entre républicanisme et fascisme. Tout le reste, à ses yeux, relève du panier de crabes, et le fascisme n’est rien qu’un bonbon doux et sucré, qui se suce assis au fond d’un canapé feutré.

 

Voyez combien, lorsque le principe d’idéalité prend le pas sur le principe de réalité, lorsque ces deux principes ne se répondent plus dans une logique d’équilibre, le risque est grand que toute discussion soit close au profit de l’affermissement de bien des idéologies illusoires et, somme toute, si prodigieusement dangereuses.

 

Décidément, mes très chers amis de gauche, je ne puis m’empêcher de répugner avec force au fascisme, au gauche désintéressement, aux trahisons gauchistes et à tout ce qui va avec. Car vous aviez promis que vous ne recommencerez pas ».


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