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Préface à «  La Compulsion de punir »
12 mai, 2019, 12 h 20 min
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René Schérer et Tony Ferri, le 16 03 2019Couverture La Compulsion de punir de Tony Ferri

Chers amis, chers collègues,

Faisant suite à nos échanges et à vos demandes, c’est avec plaisir que je m’en vais vous communiquer ci-dessous la préface qu’a établie René Schérer à mon livre La Compulsion de punir (L’Harmattan, 2015). 

Comme l’indique avec force le philosophe dans son texte baptisé « La fin d’une illusion », il s’agit notamment de « déceler la haine d’autrui et le mal de vivre sous les apparences de la justice et de l’équité ». L’interrogation qu’un tel énoncé suscite ne saurait se tarir, pour qui comprend dans quelle mesure, en quel sens et jusqu’où il importe de la maintenir dans sa difficulté même…

Merci encore à René Schérer !…

Bien positivement,

Tony Ferri.

fichier pdf Préface de René Schérer à La Compulsion de punir de Tony Ferri

Préface à La Compulsion de punir, L’Harmattan, 2015

La fin d’une illusion

Il est des livres qui, par la vertu seule de leur nom et l’orientation de leur propos, font que la pensée change d’axe. Elle ne gravite plus autour des mêmes ressassements, de la même logique. Elle en adopte une nouvelle, à la faveur du changement brusque, sinon brutal qu’ils imposent. Dans ma jeunesse, grâce à Jean Lacroix qui professait en Khâgne au Lycée du Parc de Lyon, je crois bien que celui qui a joué ce rôle fut L’homme du ressentiment de Max Scheler. Auquel j’ajouterai, toujours grâce au même philosophe, cet ouvrage de Jean-Marie Guyau si injustement oublié aujourd’hui, et, dont le titre suffit à énoncer tout  un programme : Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction.

De telles formules ont éveillé en nous un écho qui n’en a pas fini de retentir. « Ainsi qu’un tympanon », ils fatiguent, c’est-à-dire chargent, meublent, nourrissent la mémoire. Ils la forcent à opérer une conversion salutaire ; à regarder ailleurs que selon les lieux communs, les certitudes infondées. Le ressentiment : que de fois l’idée que nous nous faisons de la justice n’est que l’expression d’une haine, d’un esprit de vengeance contre l’adversaire qui l’a emporté sur nous. La sanction : au nom de quel principe supérieur nous estimons-nous en droit d’infliger à autrui une peine afflictive, de le priver de liberté, de le retrancher de la société active, vivante ? Où se loge la justice, quel est le point d’application de l’évidence, pour le crime ou la faute, d’une punition ?

La mise en question de la sanction, la prise de conscience du ressentiment caché qui motive nos actes opèrent le brusque sursaut révélateur. Voici venu le temps du réveil, celui de nous secouer, l’instant de l’heure qui sonne. « Quelle heure est-il ? », écrivait Nietzsche au début de la Généalogie de la morale, énoncé inaugural, lui aussi, vibrant comme un appel à dissiper les rêves ; les illusions d’une « bonne conscience » tout aussi fallacieuses que celles du prétendu « bon sens ».

C’est à cette famille de pensée qu’appartient le livre que l’on va lire. A un tel changement d’axe et de perspectives qu’invite Tony Ferri dont on connaît déjà la toute récente critique de la prison, Qu’est-ce que punir ?, où, selon une méthode inspirée de celle de Michel Foucault, il dénonçait, de façon circonstanciée et passionnée, « l’extravagante » inflation des incarcérations requises par le pouvoir judiciaire, ainsi que les sophismes invoqués pour sa justification par une société de plus en plus devenue société de surveillance et de contrôle.

Donnant plus que jamais lieu à  reprendre la formule nietzschéenne concernant les valeurs en cours : « Que nous est-il donc arrivé ? ». Ne faut-il pas prendre, en ce cas, le problème à l’envers ? Ne faut-il pas inverser les perspectives, permuter les points d’appui ? Un tel  acharnement à punir,  à inventer de toujours nouveaux prétextes pour sévir et incarcérer, ne convient-il pas de chercher ses motivations et sa source en son auteur même ou son suppôt, n’est -il pas urgent de sortir de sa gangue et d’exhiber une compulsion intime animant « le punisseur » ?

On songe à Spinoza, et c’est bien là sa méthode, en effet : il n’y a pas de Bien ni de Mal en eux-mêmes. Une chose est dite bonne parce qu’elle nous réjouit et que nous l’aimons ; mauvaise, parce qu’elle nous afflige ou nous déplaît. Ou, en termes plus conformes à ceux de l’auteur de L’Éthique : « La connaissance du bien et du mal n’est rien d’autre que l’affect lui-même, en tant que nous en sommes conscients » (Éthique, IV, proposition 8).

Appliqué à notre problème, cela signifiera qu’il n’y a pas de valeur en soi, de Bien et de Mal, ni encore de Crime ; sinon relativement à des effets individuels ou sociaux. Que « l’affect », joie, tristesse ou « augmentation de la « puissance » corporelle ou psychique, bien-être ou utilité, sont les seuls critères. D’où il suit qu’il faut regarder du côté, non d’un « objet » qualifié de telle ou telle manière, mais du sujet qui lui attribue ces qualités. Lui-même étant animé de telle ou telle pulsion, ou poussé à agir ;  qui, lorsqu’elle est contraignante, agrémentée de justifications morales, devient « compulsion » ou, subjectivement, « obsession ». L’obsession de punir.

Qui niera que la pulsion qui guide une large majorité de nos congénères, l’ensemble de ce qu’on nomme « pouvoirs », n’est pas compulsionnelle, obsessionnelle ? Une obsession de punir s’appuyant sur les arguments moraux de justice, de sécurité commune.

C’est elle que Tony Ferri soumet à l’examen, à laquelle il applique un sens précis de l’analyse, sa passion, voire une verve de bon aloi. Vous voulez punir ? Mais regardez d’abord en vous. Un questionnement qui reprend, d’une certaine manière, le mot de l’Écriture : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Un argumentaire, pourtant, qui va plus loin que lui, qui l’explicite et l’approfondit. Certes, c’est bien toujours à cette idée d’un « péché » primordial, d’un « univers morbide de la faute », selon (encore un autre titre-choc) le docteur Angelo Hesnard, que tout se réfère. Mais il faut aussi déceler, plus avant, sciemment ou non,  l’angoisse de vivre dans une société perçue comme hostile, sans finalité perceptible. Déceler la haine d’autrui et le mal de vivre sous les apparences de la justice et de l’équité.

Le regard change alors de direction et la réflexion de matière. Cesse la mesquinerie des calculs policiers et judiciaires, celle de l’opinion commune, dans lesquels s’empêtrent les pensées de punition et de vengeance. Prend fin l’illusion de remédier par là de quelque manière aux heurts et dérangements de l’ordre social. Alors qu’il ne s’agit que de palliatifs dérisoires, viciés dans leur principe même.

Il y a, certes, trouble, dysfonctionnement du social comme de l’individuel ; mais ce trouble affecte notre civilisation, notre culture. Un Malaise dans la civilisation que Freud a su, à bon escient, dès son temps, épingler et dénoncer. Sans en tirer pourtant toutes les conséquences. Se résignant même à une insoluble tension entre la puissance des désirs vitaux et leur contrainte inévitable.

L’essai suggestif et séduisant de Tony Ferri semble nous proposer autre chose. Il ouvre, précisément parce qu’il dénonce la répression punitive comme obsession, sur l’idée d’une société qui serait moins préoccupée de ramener tout à la règle de ses présupposés, de ses préjugés, de ses stéréotypes sociaux et moraux que de se tenir à l’écoute de l’autre. Voire, en la circonstance, du fameux « délinquant » constitué pour l’essentiel, inventé par les punitions justement qui devaient (ou devraient) le guérir. Même si ses exigences sont formulées, dans l’immédiat, de façon excessive et peu audible. Mais pour que, d’ennemi actuel et potentiel, il se change en invité, hôte et convive.

Et ce, parce que la première des conditions est que nous sachions voir clair en nous, nous délivrer de nos angoisses, de nos peurs.

Ce livre libère ou, tout au moins, met sur la voie d’une autre manière d’aborder nos contraintes ; ce qui n’est pas peu.

 René Schérer



Affiches « Utopie et abolition »
5 mai, 2019, 12 h 21 min
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Chers amis, chers collègues,

Dans la perspective de la tenue de la conférence-débat qui se tiendra les 17 et 18 mai 2019 au Théâtre national de Marseille, La Criée, et qui portera sur la thématique croisée de l’utopie et de l’abolition, je viens partager avec vous ci-dessous les affiches de l’événement. Vous y trouverez des détails sur le programme de cette rencontre.

 L’entrée est gratuite.

 Très cordialement.

Affiche UTOPIE & ABOLITIONAffiche UTOPIE & ABOLITION-2

Site du théâtre : http://www.theatre-lacriee.com/programmation/2018/utopie-abolition.html

 



A paraître : « Libre et condamné »
30 avril, 2019, 18 h 05 min
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Couv. Libre et condamné (Tony Ferri)

Chers amis, chers collègues,

En réponse à votre sollicitude bienveillante, permettez-moi de venir vous informer que mon prochain livre Libre et condamné. La détention en milieu ouvert en question sortira avec un léger décalage temporel, au mois de juin 2019.

Il s’inscrit naturellement dans le triptyque de mes ouvrages sur les pénalités publiés aux Éditions Libre et Solidaire, et fait suite en particulier au livre Abolir la prison. L’indispensable réforme pénale, paru l’an passé, chez le même éditeur. Pour rappel, voici le lien vers celui-ci : https://libre-solidaire.fr/Abolir-la-prison

J’ai aussi plaisir à partager avec vous ici le projet éditorial de la couverture de Libre et condamné, et à vous indiquer que je vous dévoilerai bientôt le nom de son préfacier.

Bien chaleureusement,

Tony Ferri.



« Utopie et abolition », au Théâtre national de Marseille
27 avril, 2019, 11 h 33 min
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Chers amis, chers collègues,

Par ce message (post), je viens partager avec vous l’annonce de l’événement d’une rencontre philosophique  et artistique sur le thème croisé de l’utopie et de l’abolition, qui se tiendra au théâtre national  de Marseille « La Criée » les 17 et 18 mai 2019. Au menu : projection de films, conférences, débats…, et l’entrée est gratuite.

J‘aurai le plaisir d’y intervenir plus particulièrement le samedi 18 mai, en fin d’après-midi / début de soirée, à propos de la question de l’abolition de la prison.

Pour les informations pratiques sur ce bel endroit culturel, voici le lien numérique vers le site du théâtre : http://www.theatre-lacriee.com/programmation/2018/utopie-abolition.html

Vous trouverez également à votre disposition, en pièce ici jointe, un document de travail établi par Jean-Michel Gremillet, organisateur de l’événement, comportant bien des détails du programme de ces deux journées :

fichier pdf UTOPIE & ABOLITION – Théâtre La Criée de Marseille

Avec mes meilleurs sentiments à votre adresse.

Tony Ferri.

Couverture Abolir la prisonLivres de Tony FerriUtopie et abolition - Théâtre national La Criée de Marseille



« Revue de la prestidigitation » (numéro 630 / mars-avril 2019)
23 mars, 2019, 13 h 06 min
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Chers amis, chers collègues,

Par ce post, je viens avec bonheur partager avec vous l’annonce de la parution du nouveau numéro de la Revue de la prestidigitation (numéro 630 / mars-avril 2019), auquel j’ai eu le plaisir de collaborer dans la rubrique « Magie et Philosophie », au moyen de la publication d’un long entretien avec le magicien Bébel (nom de scène), qui nous livre sa conception de la cartomagie, dont il est l’un des éminents spécialistes français.

Pour redécouvrir Bébel, voici une vidéo, parmi tant d’autres que vous pouvez retrouver sur la toile (d’une durée approximative de 2 minutes), qui vaut le détour :

https://www.youtube.com/watch?v=qB-r4LRDF68

Et pour les aficionados, une autre vidéo réalisée spontanément il y a quelques années, du côté du légendaire quartier de Saint-Germain-des-Près (durée 2 minutes et 30 secondes environ) :

https://www.youtube.com/watch?v=eQpFWJD1MHE

 Très amicalement et magiquement.

 FFAP : https://www.magie-ffap.com/

Revue de la prestidigitation, no   630, mars - avril 2019-page-001Revue de la prestidigitation, sommaire, no 630, mars - avril 2019 (1ère page)-page-001Revue de la prestidigitation,   sommaire, no 630, mars - avril 2019 (2e page)-page-001Interview de Bébel par Tony Ferri



La marche du siècle pour le climat
17 mars, 2019, 0 h 30 min
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La marche du siècle sur le climat, le 16 03 2019

Chers amis, chers collègues,

C’est avec plaisir que j’ai participé, ce samedi 16 mars 2019, à la marche du siècle pour le climat à Paris. Sur fond ensoleillé et festif, une marée humaine citoyenne s’est déployée d’Opéra jusqu’à la place de la République, dans le calme et avec beaucoup de conscience politique. J’ai été frappé par ce rassemblement de Français dans la diversité, car il y avait des gens de toutes les catégories d’âge. Des jeunes et moins jeunes rivalisaient dans l’inventivité des slogans et des revendications. Il y avait par exemple : « Pour l’argent, ils tueraient Terre et Mer », « Les capitalistes vivent au-dessus de nos moyens », « La croissance, c’est l’inconscience », et encore « L’amer monte… ».

En tant que philosophe et grand lecteur de Jean-Paul Sartre, j’ai été charmé par la pancarte de cette jeune fille toute mignonne et souriante, qui a accepté de se laisser prendre en photo avec moi et qui arborait l’observation suivante : « Sartre a dit : ’L'existence précède l’essence’». Je salue, à nouveau, toutes ces personnes bien agréables que j’y ai rencontrées, et qui se soucient de l’avenir de notre planète, de ses habitants.

Bien amicalement.

► Sur la cause environnementale, l’écologie d’existence, l’économie de la décroissance (constats/perspectives/solutions), les Éditions Libre et Solidaire :

https://libre-solidaire.fr/



Nouvelle recension du livre « Abolir la prison »
13 mars, 2019, 22 h 28 min
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Chers amis, chers collègues,

Par le moyen de ce post, j’ai plaisir à partager avec vous l’annonce de la parution d’une nouvelle recension du livre Abolir la prison. L’indispensable réforme pénale (Éditions Libre et Solidaire, 2018) établie par l’avocat et politiste Jean-Jacques Gandini, dans la revue Délibérée, numéro 6 (Éditions La Découverte, 1er trimestre 2019). Vous pouvez retrouver cette recension, en lecture gratuite et libre, sur la plate-forme Cairn.info, en suivant ce lien :

En vous adressant mes meilleurs sentiments.

Bien cordialement,

Tony Ferri.

Éditions Libre et Solidaire : https://libre-solidaire.fr/Abolir-la-prison

 Revue Délibérée, numéro 6, 1er trimestre 2019Abolir la prison


« Abolir la prison » et « Libre et condamné »
2 mars, 2019, 14 h 12 min
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Chers amis, chers collègues,

Je tiens à vous remercier vivement pour les échanges, les réflexions, les retours que vous m’avez fait l’honneur de me proposer depuis la publication de mon livre Abolir la prison. L’indispensable réforme pénale , Paris, Éditions Libre et Solidaire, 2018. Complémentairement à vos remarques et à vos questions, c’est donc avec plaisir que je poste ici le lien vers la recension fouillée du livre qu’a établie le sociologue et criminologue Jean-Claude Bernheim, de l’université de Saint-Boniface, et qui a été récemment diffusée sur le site de l’Association canadienne de justice pénale (après sa publication dans la Revue de science criminelle et de droit pénal comparé, Paris, Dalloz, avril-juin 2018, et la Revue canadienne de criminologie et de justice pénale , volume 60, numéro 4, Les Presses de l’Université de Toronto, octobre 2018) :

https://www.ccja-acjp.ca/pub/fr/recensions/abolir-la-prison-lindispensable-reforme-penale/

Mon livre à paraître, à la mi-avril 2019, Libre et condamné. La détention en milieu ouvert en question, Paris, Éditions Libre et Solidaire, pourra être lu comme le prolongement de celui sur l’abolition, en ce qu’il s’agit notamment de faire porter désormais l’analyse sur l’exercice du système punitif tel qu’il se déploie ou devrait se déployer en milieu ouvert (le dehors de la vie libre), par opposition au seul milieu fermé (le dedans de la prison). L’abolitionnisme, comme philosophie et force de propositions alternatives, ne peut en effet faire l’économie d’un regard sur les conditions d’une amélioration salutaire des prises en charge des condamnés au sein de la collectivité. Comment et à quelles conditions peut-on se libérer des chaînes (qui sont aussi mentales) de la prison, dans l’économie du pouvoir de punir contemporain ? Sous quelle forme d’organisation et de fonctionnement, l’accompagnement post-sentenciel peut-il gagner en dignité et en efficience, en matière de réinsertion, de prévention de la récidive, de réconciliation sociale ? Telles sont quelques-unes des questions qui assortissent le livre en vue de promouvoir aussi bien une meilleure compréhension des sanctions du milieu ouvert, qu’un appel à une refonte apaisante et efficace des modalités d’accompagnement à l’extérieur des établissements pénitentiaires.

Avec mes meilleurs sentiments.

Éditions Libre et Solidaire (livres à paraître) : https://libre-solidaire.fr/A-paraitre

Abolir la prisonpouvoir_politique_et_penale_ml



Le sens de la sanction pénale, chez Charles Fourier 
26 février, 2019, 23 h 46 min
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René Schérer, En quête de réelRené Schérer, En quête de réel (2)

Chers amis, chers collègues,

Je suis charmé de venir partager avec vous ici un extrait du livre de René Schérer, En quête de réel, dans lequel l’auteur évoque la manière dont Charles Fourier considère la question de la sanction pénale. Un vrai délice de finesse, quand on y songe ! Car la délinquance est aussi, et peut-être même avant tout, une fabrication sociale tenant notamment à l’inflation législative répressive, à une certaine organisation toxique des relations interindividuelles, à l’augmentation des frustrations, à la bizarrerie des mœurs, à l’implacable fourberie de l’égoïsme…, bref à ce que les fouriéristes nomment volontiers le dissonant ou le dysharmonique :

 « Vous demandez quelles seraient, selon Fourier, les punitions de la délinquance. Ce n’est pas là son problème, c’est un faux problème (au sens qu’a donné Bergson à cette expression). Le vrai problème est – et reste, d’ailleurs – la prévention. Concevoir une société telle que la délinquance n’y soit plus possible. Ou encore, ne pas désigner comme crime ce qui ne l’est en aucune manière. Voilà deux points (…) à partir desquels on peut comprendre Fourier. La société sans délinquance, c’est celle où tous ont accès à tous les biens qu’ils peuvent désirer, et sur tous les plans désirables. C’est l’ « Harmonie universelle » : à l’incommensurabilité des désirs, associer les moyens de les satisfaire (…). Le vol, l’ordre sociétaire harmonique ne le généralise pas, comme le fait Sade, mais l’abolit avec la propriété individuelle, chacun, dans cet « ordre combiné », pouvant disposer de tous les biens de la collectivité ; l’adultère devient impossible alors qu’il n’y a plus de « mariage exclusif », etc… il y a renversement des valeurs, comme dira Nietzsche. Ce que Fourier oppose à une société réglée sur le maintien de la propriété privée, l’individualisme et le « quant à soi », c’est une société, non pas exactement « communiste », le mot impliquant pour lui un nivellement par le bas, mais de partage universel, où la « vertu », le bien à opposer aux crimes est « l’accroissement, la multiplication des liens sociaux ». Tout ce qui isole est mauvais ; ce qui unit est bon (…). C’est-à-dire, toujours, non pas punir, contraindre et enfermer, mais libérer les passions de leurs entraves, ouvrir sur le dehors et sur les autres, multiplier les issues passionnelles et les liens. Au quant à soi, opposer l’expansivité, l’ouverture à autrui » (dans René Schérer, En quête de réel. Réflexions sur le droit de punir, le fouriérisme et quelques autres thèmes – Entretien avec Tony Ferri, Paris, L’Harmattan, coll. « Les logiques des pénalités contemporaines », 2014, p. 27-28).

Très cordialement.



Mon billet lapidaire d’indignation !
17 février, 2019, 16 h 21 min
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Chers amis, chers collègues,

Quelle tristesse, quelle déception, quelle désolation que de voir récidiver Alain Brossat dans la publication d’un texte, pour le moins puant et stercoraire, sur le site de l’association Ici et ailleurs, en s’attaquant (à de nouveaux frais ?), sans nuances ni recul, à l’État d’Israël et à la question juive !

Pour rappel, j’ai quitté cette association, il y a près de deux années, au début de l’année 2017, suite à des dissensions politiques et à mon désaccord profond quant à la posture que je jugeais déviante de certains de ses membres (à commencer par celle d’Alain Brossat, qui filait alors, à mes yeux, un mauvais coton).

Ma consternation face à cette dérive sectaire du type rouge qui confine au brun avait été telle que j’avais alors publié un texte, à ce moment-là, sur le site du Nouvel Obs et sur mon blog. Ma stupeur s’affirme encore et est d’autant plus grande qu’Alain Brossat avait été jadis mon directeur de thèse et que nous avions publié ensemble un entretien Éloge du pilori, L’Harmattan, 2015.

Bien que l’association utilise encore, sans mon consentement, certains de mes textes ou certaines de mes annonces sur son site, bien qu’elle y publie des fake news en usurpant parfois mon nom (cf., le canular sur la bavure policière à Menton), il n’en reste pas moins que le plus grave, à mon sens, procède des conclusions qu’on ne peut manquer de tirer d’une faconde comme celle-là, lançant un assaut contre la Judée ou la judéité, dans un contexte de montée débile de l’antisémitisme : « Ivan Segré comme passe-partout  : une opportunité pour l’État d’Israël » :

 https://ici-et-ailleurs.org/contributions/migrations-frontieres/article/ivan-segre-comme-passe

Voici ce même texte en pdf, suite à la capture d’écran : fichier pdf Ici et ailleurs – texte d’Alain Brossat, fév. 2019 (capture d’écran)

Permettez-moi de répondre à cette rhétorique sordide par ces quelques mots : Pouah ! Répugnant ! Nauséabond !

A la Libération, Jean-Paul Sartre avait publié un livre on ne peut plus intéressant et subtil  Réflexions sur la question juive  (1946), à l’inverse de ce déversoir réactionnaire.

Bien cordialement.

Livre de J.-P. Sartre Réflexions sur la question juive


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