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Interview de Tony Ferri par le quotidien basque « Berria »
14 décembre, 2017, 23 h 25 min
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Chers amis, chers collègues,

 Vous trouverez ici le fichier pdf de l’interview que j’ai eu le plaisir de donner au « Berria », le quotidien basque de référence, en date du 08 décembre 2017 : fichier pdf Interview de Tony Ferri par le Berria (08 12 2017) .

 Cette interview est consécutive à la conférence que j’ai eu l’honneur de tenir à la Médiathèque de Bayonne le 07 décembre 2017 à propos de la question de la punition pénale, et s’inscrit dans la journée dédiée aux droits de l’homme du 10 décembre 2017.

Pour plus de détails, voici le lien vers la Médiathèque : http://www.mediatheque.bayonne.fr/OpacWebAloes/index.aspx?idpage=824,

et l’annonce de la conférence sur les ondes de Radio Basque : .

 Et pour d’autres détails sur la teneur de l’interview, je vous communique ci-dessous le texte des premiers échanges que j’ai eu l’occasion d’entretenir, en français, avec l’équipe journalistique du « Berria ».

Bien cordialement.

 

Éléments de l’interview, en français :

 

Pour le quotidien basque Le Berria du vendredi 08 décembre 2017

Interview de Tony Ferri

 

 Pourquoi portez-vous tant d’intérêt aux sujets de la surveillance, de la punition et du milieu carcéral (entre autres) ?

 Mon intérêt pour ces sujets vient du croisement de deux ou trois influences : d’une part, de ma découverte, à l’université, alors que je préparais une thèse de Doctorat en philosophie, de réflexions portant sur la question des disciplines et le régime des pénalités, ainsi que sur la société de contrôle ; d’autre part, de l’exercice de mon métier de Conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation, à l’occasion de laquelle je puis, dans le même temps, observer en acte, très concrètement, la pratique des peines sur le terrain même de son développement et de son application ; enfin, d’une certaine conscience philosophique, citoyenne et politique, aux prises avec les réalités actuelles, et mêlée d’une forte curiosité pour les notions ayant trait aux droits de l’homme, à l’indépendance de la pensée, à un désir de progrès, au respect des libertés fondamentales. A cet égard, mes travaux de recherche, en association avec le laboratoire scientifique Gerphau, en portent l’empreinte manifeste, et mes analyses sur la formation et la tendance au déploiement d’une architecture carcérale jusqu’en dehors même des prisons en offrent l’illustration emblématique.

D’une certaine manière, cela peut apparaître paradoxal de se confronter en même temps à l’exercice d’une activité professionnelle à l’intérieur d’un ministère réputé régalien comme celui de la Justice et à la pratique d’une philosophie dont la coloration est celle de la liberté et de la recherche du progrès dans le domaine des pénalités. Mais précisément, c’est dans le creuset de cette séparation, c’est dans l’articulation même de cette opposition que des publications trouvent leur sens, leur portée, leur intérêt, puisque il y a tout lieu d’exiger de combler un manque cruel, à savoir celui d’une jonction authentique entre l’activité intellectuelle de la réflexion ou de la recherche (la théorie) et les expériences ou observations de terrain in situ (la pratique). En règle générale, les philosophes manquent d’expériences et de pratique, tandis que les professionnels ne sont pas à l’aise avec les interrogations et les conceptualisations.

 Quelle importance ont eue d’autres travaux philosophiques dans votre parcours, comme, par exemple, Surveiller et Punir de Michel Foucault ?

 Le livre Surveiller et punir de Michel Foucault a été pour moi une révélation on ne peut plus décisive. J’ai découvert cet auteur assez tardivement dans mon cursus universitaire, parce qu’il n’a d’abord pas été à la mode dans l’institution académique, contrairement à aujourd’hui. D’autre part, l’essentiel de mon enseignement philosophique m’a été dispensé à la Sorbonne Paris IV, ce qui est une excellente chose pour acquérir des connaissances philosophiques traditionnelles solides, mais peu probant pour analyser notre époque contemporaine, faire des diagnostics de notre actualité citoyenne. Comme je voulais passer de l’histoire de la philosophie à la philosophie elle-même, « en acte » si je puis dire, je me suis alors orienté vers l’université de Vincennes – Saint-Denis (Paris-VIII), et j’ai eu la chance de rencontrer, en tout cas à ce moment-là, un professeur qui pouvait diriger ma thèse dont l’intitulé était le suivant : « Le système de la peine. Du châtiment à l’hypersurveillance ». A ce moment-là, je ne voyais pas qui aurait pu, à Paris IV, avoir les compétences et l’intérêt pour lire mes travaux de cette nature.

Dans la mesure où je me suis inscrit dans un cursus doctoral quelques années après avoir quitté l’université, cependant que j’étais salarié de l’État et que je découvrais la philosophie de Michel Foucault en lisant tout de lui à propos des disciplines, de l’asile et des prisons, j’ai été saisi par l’impression que ses conceptions trouvaient une de ses meilleures expressions au sein de l’institution punitive. Bien entendu, d’autres philosophes ont compté pour moi, comme, par exemple, Jean-Paul Sartre, qui est mon premier amour philosophique, si je puis le dire ainsi, en raison précisément du fait qu’il soit l’auteur de la plus retentissante philosophie de la liberté que le XXe siècle ait connue, et Gilles Deleuze, tout particulièrement à travers son invitation à interroger ce qu’il nommait déjà la « société de contrôle ». Néanmoins, reconnaissons que, au total, peu de philosophes se sont authentiquement intéressés à la question des prisons et du système punitif contemporain, peut-être parce qu’elle renvoie à l’idée de basses fosses et de caniveaux, et que la philosophie demeure, par tradition, une discipline élitiste, qui prétend devoir rester en dehors de l’usage du cambouis. En réalité, philosopher sur les pénalités permet des entrées en matière des plus utiles et très à-propos, lorsqu’on cherche à questionner et à comprendre des notions, non pas seulement comme celles de la punition et de la surveillance, mais aussi comme celles de la liberté, du sens, de l’en-commun, de la vie…

 Vous parlez d’hypersurveillance, et vous dites qu’on y participe (avec les smartphones par ex.). Quel danger y voyez-vous ?

 Comment définir l’hypersurveillance ? Lorsqu’on emploie ce mot, l’impression peut être d’emblée donnée qu’il s’agit là d’un ensemble de dispositifs de surveillance complètement anti-démocratiques, aux accents presque totalitaires, tels que ceux qu’on rencontre chez George Orwell ou Aldous Huxley… En réalité, l’hypersurveillance, telle que j’essaie de la réfléchir et de la concevoir, désigne un régime politique tout à fait singulier, puisque, alors même qu’elle tend à fragiliser, voire à ruiner un certain nombre des bases de la vie démocratique, elle est, en fait, « à peu près » compatible avec celle-ci. Si l’on, veut, il s’agit d’un régime qui ne cesse de coudoyer insidieusement les limites, sans les dépasser outrageusement, quoique dangereusement. Autrement dit, on pourrait dire que l’hypersurveillance désigne ce régime de vie sociale qui n’est certes pas la négation pure et simple des libertés individuelles, mais qui s’installe « aux frontières » du démocratique et de l’anti-démocratique, qui mêle donc liberté et surveillance, droit et contrôle, avec cette caractéristique toutefois qu’elle accorde une prépondérance pour le renforcement d’un mouvement favorisant, de manière inédite, l’excroissance de la surveillance et du contrôle sur l’exercice des droits fondamentaux.  C’est pourquoi, face au processus actuel d’exportation des ingrédients pénaux vers l’espace civil (cf., sur ce point, mon livre Pouvoir et politique pénale. De la prison à la surveillance électronique, éditions Libre et Solidaire, 2016), on peut significativement déceler, à la source des mécanismes de l’hypersurveillance, un certain nombre de liens avec le dispositif pénal de « placement sous surveillance électronique » (PSE), mais  pas avec celui du placement sous surveillance électronique « mobile » (PSEM). Si, en effet, dans le contexte de ce que Michel Foucault nommait « le régime du gouvernement des vivants », l’application du PSEM était non seulement généralisée aux personnes condamnées, mais servait progressivement de restructuration de la vie sociale, la collectivité s’abîmerait alors incontestablement dans les limbes de la société totalitaire, du moins totale. Mais l’essor du PSE (pas du PSEM, insistons-y, tant la confusion est répandue et piégeuse, car il y a « des » surveillances électroniques) et le transfert d’un certain nombre de ses modes d’organisation et de fonctionnement à la société tout entière, en vue d’instaurer une surveillance de masse, voilà ce qui est des plus inquiétants, et ce qui doit être inlassablement interrogé, pointé du doigt, contesté. La société est effectivement prise en étau par l’hypersurveilllance : d’un côté, venant d’en haut, la loi comprime et rétrécit asymptotiquement l’espace d’expression des libertés individuelles, et, d’un autre côté, venant d’en bas, la population participe, sans s’en rendre toujours compte, à l’instauration de sa propre surveillance par le fait qu’elle se rend complice de la récolte, par des instances tierces dont elle n’a aucune maîtrise, des données personnelles qui la concernent. L’usage abondant, dépendant et aveugle du Smartphone par les gens aujourd’hui est effectivement caractéristique de ce phénomène de mise en geôle du quotidien.

Le bracelet électronique, pour vous, ne serait pas une mesure positive, pourquoi ?

Y a-t-il des peines plus « utiles » ou plus « efficaces » que d’autres ?

 En France, le bracelet électronique est surtout utilisé comme une modalité d’exécution d’une peine d’emprisonnement, du moins est-ce dans cette perspective que cette mesure de surveillance, qui, rappelons-le, s’effectue au domicile des condamnés – lieu pourtant incessible au sens du droit civil – a été conçue et mise en place à ses débuts, en 1997, avant de s’épanouir vers 2003-2004, lorsque la France renouait déjà avec des pics d’incarcération. Aujourd’hui, sous l’action de l’hypersurveillance, ses usages se sont profondément diversifiés, et ne mettent plus seulement aux prises des personnes condamnées. Par exemple, des mineurs ou des personnes prévenues (présumées innocentes) peuvent maintenant en faire l’objet. D’une certaine manière, parmi le panel des mesures alternatives à l’incarcération que la législation française propose, à savoir essentiellement – outre la libération conditionnelle qui n’est accordée qu’au compte-gouttes et le travail d’intérêt général qui s’applique généralement aux personnes condamnées à de très courtes peines, éventuellement jeunes et primaires au sens juridique du terme – le placement sous surveillance électronique, la semi-liberté et le placement à l’extérieur, j’attribue la plus haute valeur à celui-ci, et ce pour plusieurs raisons. Disons principalement que l’intérêt du placement à l’extérieur tient au fait qu’il permette la mise en place de projets, un accompagnement des condamnés par des éducateurs de la société civile, l’instauration d’un tissu relationnel partenarial avec des associations indépendantes de l’administration pénitentiaire, là où le bracelet électronique substitue l’élément technologique à l’élément humain, assigne à résidence (fait donc d’un lieu de vie et d’épanouissement personnel une prison), se contente, maintenant à l’échelle industrielle, de procéder à une surveillance « à distance » et à un « traçage » en règle des personnes condamnées pour désengorger prétendument les prisons et réduire les coûts de l’incarcération. Sans compter que le bracelet électronique n’est pas seulement une mesure alternative à l’emprisonnement, mais également une mesure substitutive à une peine du milieu ouvert. A infractions égales et en comparant le degré de gravité des faits commis, des études corroborent en effet ce qui s’observe sur le terrain judiciaire depuis environ vingt ans : les juges ont la main plus leste aujourd’hui qu’hier, et condamnent à de la prison ferme (en milieu clos) des personnes qu’ils sanctionnaient jadis à une mesure de sursis assorti d’une mise à l’épreuve (en milieu ouvert) pour des infractions similaires, parce que, entre autres motifs (comme l’évolution du droit et des sensibilités), ils savent que, sur le plan juridique, la peine d’emprisonnement pourra être, le cas échéant, aménagée.

 Croyez-vous possible une société sans prison ?

Quelles alternatives voyez-vous au bracelet électronique ? A la prison ?

 Oui, je la crois non seulement possible, mais nécessaire, du moins pour plus de 80 % de la population détenue. Cette conviction n’est pas l’effet d’une complaisance ou d’une fantasmagorie, mais elle se donne bien davantage comme le résultat d’une réflexion constante, que j’ai cherché à conduire cette dernière décennie, sur le statut des pénalités actuelles, sur le rôle et la portée de leurs pratiques, sur leur efficacité éventuelle ou illusoire en termes de prévention de la récidive, de réinsertion, de redressement, sur la manière dont les peines sont perçues ou vécues par les condamnés eux-mêmes, qui n’ont souvent pas droit au chapitre sur ces questions-là. Dans un livre à paraître en avril 2018, chez Libre et Solidaire, et dont le titre est Abolir la prison. L’indispensable réforme pénale, j’invite le lecteur, sur la base d’un certain nombre de constats, d’analyses et d’arguments décisifs, à réfléchir avec moi, d’une part, sur la nécessité d’abandonner le modèle carcéral (trop coûteux, inefficace à l’excès, foncièrement indigne et, somme toute, proprement inutile et nuisible), et, d’autre part, sur la création de modalités de prise en charge inédites et innovantes des personnes condamnées. Plutôt que de punir, et donc d’infliger des souffrances et des privations, il s’agit de s’interroger sur la « meilleure » manière d’instaurer des conditions favorables à l’arrêt de la délinquance et à l’apaisement des victimes, et donc à la réconciliation collective. Par conséquent, l’ambition du livre est d’expliquer pourquoi il y a lieu de solliciter les efforts des pouvoirs publics et la participation pleine et entière de la société civile, en vue de réorganiser, à de nouveaux frais, et de fond en comble, le système pénal, et de montrer par quels chemins il est possible et souhaitable de favoriser tant la réinsertion des condamnés (qui pourrait croire, de bonne foi, que la prison réinsère et qu’elle est l’avenir de l’homme, sinon les imbéciles et les naïfs ?)  que l’indemnisation des victimes. Dans ce livre à paraître, le lecteur trouvera donc trois axes d’une réforme pénale aussi ambitieuse qu’indispensable, aussi innovante qu’à portée de main.

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https://libre-solidaire.fr/Pouvoir-et-politique-penale .

 



Photos-souvenirs citoyennes
2 décembre, 2017, 11 h 30 min
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Chers amis, chers collègues,

 

J’ai plaisir à partager avec vous ici quelques photos-souvenirs citoyennes, notamment avec Thierry Lodé (biologiste), Dominique Le Jacques (statisticienne), Jean-Paul Barriolade (éditeur) et Nathalie Sawmy (correctrice éditoriale) en 2016, avec Le Cravate Club en 2016, avec René Schérer (philosophe) en 2016, ou à l’occasion d’invitations ou d’interviews par la Radio Télévision Suisse en 2015, France Culture en 2016, Le Point en 2014, Libération en 2016, Le Courrier en 2016 et La Semaine Juridique, édition générale en 2014.

Très bon week-end !

Bien cordialement,

Tony Ferri.

 Tony Ferri, avec Jean-Paul Barriolade, Nathalie Sawmy, Thierry Lodé et Dominique Le Jacques, à Paris, en 2016Tony Ferri, avec Jean-Paul Barriolade, Nathalie Sawmy, Thierry Lodé et Dominique Le Jacques, à Paris, en 2016 (2)

Tony Ferri, avec René Schérer, en 2016Tony Ferri, au Madame Louis, avec Le Cravate Club, en 2016

Tony Ferri, à Radio Télévision Suisse, en 2015Tony Ferri, à France Culture, avec Emilie Chaudet et Stéphane Jacquot, en 2016

 

Tony Ferri, Le Courrier, en 2016Tony Ferri, interviewé par Le Point, en 2014, et par Libération, en 2016Tony Ferri, dans La Semaine juridique, édition générale, 2014



Couverture et présentation du livre à paraître « Abolir la prison »
12 novembre, 2017, 15 h 23 min
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Chers amis, chers collègues,

S’agissant du livre à paraître Abolir la prison. L’indispensable réforme pénale, j’ai plaisir à partager avec vous ici le projet de sa couverture (à laquelle seront bientôt ajoutés les noms des préfacier et postfacier), ainsi que sa présentation éditoriale.

Bien cordialement,

 Tony Ferri.

AbolirPrisonCouv

Présentation du livre :

Tony Ferri

Abolir la prison

L’indispensable réforme pénale

Le contexte

La France comporte plus de 70 000 personnes détenues ; leur nombre baisse partout en Europe, sauf dans notre pays. Prisons surpeuplées, traitements inhumains des prévenus, conditions d’hygiène déplorables… La France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme. Pourtant la seule réponse des politiques est de créer toujours plus de places de prison…

L’ouvrage

Loin des poncifs habituels sur la prison, cet ouvrage fait le constat de l’échec de notre système carcéral criminogène qui ne fait que générer des réflexes de délinquance et de rejet de la société. Ce modèle, à bout de souffle, engendre le contraire de ce qu’il veut promouvoir ; il n’apporte aucune réponse aux problèmes d’incivilité et ne fait qu’accroître la souffrance, la désocialisation, la contamination du crime des uns aux autres, la radicalisation des comportements. Les détenus emmagasinent de telles doses de frustration que cela les pousse à commettre des violences à l’intérieur même de la prison ou à passer à l’acte dès leur libération.

On aura beau construire de plus en plus de prisons, elles ne pourront que générer toujours plus de surpopulation carcérale, de promiscuité, de haine et donc de récidive.

Renverser notre raisonnement sur l’enfermement, c’est d’abord se poser la question de l’indemnisation des victimes, puis celle de la réinsertion des condamnés.

Il faut donc réfléchir à de nouvelles conditions d’organisation et de fonctionnement des pénalités, et à la création de nouveaux espaces de retenue pour une minorité de gens. Bref, réorganiser de fond en comble notre manière d’envisager la privatisation de liberté… Et promouvoir impérativement d’autres formes d’accompagnement pénal et social qui tiennent compte de la personne et qui prennent le parti de la réconciliation, tant entre les délinquants et leurs victimes qu’entre le coupable et la collectivité.

L’auteur

Tony Ferri est philosophe, chercheur au Gerphau et conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation. Praticien de la criminologie appliquée, il est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles portant sur le système punitif contemporain, le dispositif de surveillance électronique, la normalisation du contrôle en milieu libre et l’exportation d’une architecture d’enfermement, aussi bien en ville que chez soi. Il a écrit plusieurs ouvrages dont Pouvoir et politique pénale : de la prison à la surveillance électronique (Libre et Solidaire, 2016) et La Surveillance électronique pénale : son statut, son sens, ses effets (Bréal, 2017).

 

Parution : 5 avril 2018

Format : 15,5 x 22,5

 Reliure : Broché

Nb de pages : 160

Prix TTC : 14,00 €

ISBN : 9782372630436

 

LIBRE ET SOLIDAIRE

19, rue Ballu 75009 PARIS

01 48 74 15 23

www.libre-solidaire.fr

libre.solidaire@gmail.com



Conférence-débat du 07/12/2017 à la Médiathèque de Bayonne
3 novembre, 2017, 23 h 58 min
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Chers amis, chers collègues,

Permettez-moi de venir vous convier à la conférence-débat que j’aurai l’honneur et le plaisir de tenir à la Médiathèque de Bayonne – co-organisatrice de l’événement, en partenariat avec l’Observatoire international des prisons du Pays basque -, le jeudi 07 décembre 2017, à partir de 18h30, et dont voici le titre: « Quel est l’intérêt de punir ? ».

Voici, en quelques lignes, l’introduction au propos de la conférence : Il est si usuel de considérer l’exercice du pouvoir de punir comme une nécessité fondamentale des sociétés humaines que non seulement nous nous interrogeons peu sur sa logique interne, ses présupposés et ses conséquences, mais que nous n’envisageons même pas la possibilité de nous passer de cet exercice. Or, que faisons-nous « au juste » quand nous punissons ? Et au nom de quels principes ou de quels objectifs réclamons-nous la punition ? C’est donc à entrer dans l’examen, à la fois philosophique et pratique, des soubassements ultimes de la peine que s’emploie notre intervention d’aujourd’hui.

Vous trouverez d’ores et déjà les premiers renseignements relatifs à cette programmation sur le site de la Médiathèque de Bayonne, dont le lien direct est le suivant :

http://www.mediatheque.bayonne.fr/OpacWebAloes/index.aspx?idpage=824

Avec mes remerciements chaleureux pour nos échanges.

Bien cordialement,

Tony Ferri.



Livre à paraître : « Abolir la prison »
24 octobre, 2017, 10 h 57 min
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Chers amis, chers collègues,

 

Par ce message, j’ai l’honneur et le bonheur de venir vous apporter quelques précisions complémentaires quant à la sortie programmée de mon prochain livre, aux éditions Libre et Solidaire, en mars 2018, portant sur la révocation de la prison.

 

S’agissant en effet du titre, qui était jusqu’alors provisoire, l’idée de « manifeste » a été abandonnée, pour les deux raisons suivantes :

  • - premièrement, ce terme paraît par trop dévoyé aujourd’hui, il n’a pas la même force ni la même portée qu’au XIXe siècle (même s’il existe encore de très bons livres aujourd’hui qui portent cette mention ; j’en ai d’ailleurs un qui trône dans ma bibliothèque) ;

  • - secondement, le livre ne se contente pas d’appeler à l’abrogation de la législation carcérale, il vise tout autant à démontrer l’importance, la pertinence, l’urgence de lui substituer du neuf, qu’à proposer axes et moyens concrets de mettre en œuvre tout autre chose.

 

► De sorte que le livre à paraître porte le titre suivant : Abolir la prison

 

Ce titre se justifie donc par le fait qu’il s’agit bien d’en finir, sur fond d’une critique fouillée du système, avec à la fois l’institution – prison et l’idéologie qui la sous-tend ou la soutient (d’où LA prison).

 

● Le sous-titre : L’indispensable réforme pénale

 

Dans un souci d’équilibre, ce sous-titre ne fait pas moins état, dans le détail, du contenu du livre, qui se veut également force de propositions. Car la critique, qui fonde l’ouvrage, n’a d’égal que les propositions créatrices qui l’accompagnent et le motivent.

 

En vous souhaitant une douce fête de la Toussaint.

Bien cordialement,

Tony Ferri.



« Billet en hommage à Dostoïevski »
24 octobre, 2017, 0 h 06 min
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« Billet en hommage à Dostoïevski… et à l’adresse de mes amis de gauche »

Rappelons-nous cette vérité fondamentale qu’il existe une frange de l’extrême gauche, à la couleur indéfinissable pourpre rougeâtre, prétendument bien-pensante, qui confine à l’extrême droite brunâtre. Non contente de dériver vers un autoritarisme antirépublicain, cette frange-là se plaît à s’abîmer dans le fanatisme et le fascisme excrémentiels, n’a d’yeux que pour s’établir à Taïwan ou à Singapour, ne ménage pas sa peine pour mystifier continûment les gens, et entend gérer ses petites affaires personnelles sur le mode du propriétaire avare, et du comptable indélicat et sourcilleux.

Dès le XIXe siècle, ce point n’avait déjà pas échappé à l’œil aiguisé de Dostoïevski qui fait dire au narrateur de son roman-fleuve Les Démons (ou Les Possédés, selon la traduction) – livre que j’ai relu tout récemment, avec bonheur, à la vitesse de l’éclair tant il est saisissant et profond -, la réflexion décisive suivante : « J’ai observé, me glissa un jour Stépane Trophimovitch, que tous ces socialistes enragés et ces communistes sont en même temps des êtres avares, et ont des âmes d’acquéreurs, de propriétaires, si bien que plus ils sont socialistes, plus ils se montrent avides. D’où cela vient-il ? » (Fédor Dostoïevski, Les Démons, Paris, Gallimard, coll. « Folio classique », 2017, p. 136).

Bien cordialement.

 

 



Dédicace, épigraphes et exergue au « Manifeste pour une réforme pénale »
10 octobre, 2017, 23 h 41 min
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Chers amis, chers collègues,

Dans la perspective de la sortie de mon livre Manifeste pour une réforme pénale. Vers l’abolition des prisons (titre provisoire, Libre et Solidaire, mars 2018), je profite de nos échanges pour vous communiquer d’ores et déjà sa dédicace, ses trois épigraphes (de Jean-Jacques Rousseau, Henri Bergson et Jean-Marie-Delarue) et son exergue (tiré de ma plume) :

Dédicace :

« Je dédie ce livre aux agents de la justice, et tout particulièrement aux conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation qui croient et œuvrent chaque jour à l’amélioration de l’institution punitive ».

Épigraphes :

« Pas plus que nous ne voyons la maladie quand nous nous promenons dans la rue, nous ne mesurons ce qu’il peut y avoir d’immoralité derrière la façade que l’humanité nous montre. On mettrait bien du temps à devenir misanthrope si l’on s’en tenait à l’observation d’autrui. C’est en notant ses propres faiblesses qu’on arrive à plaindre ou à mépriser l’homme. L’humanité dont on se détourne alors est celle qu’on a découverte au fond de soi. Le mal se cache si bien, le secret est si universellement gardé, que chacun est ici la dupe de tous : si sévèrement que nous affections de juger les autres hommes, nous les croyons, au fond, meilleurs que nous. Sur cette heureuse illusion repose une bonne partie de la vie sociale ». (Henri Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion, Paris, PUF, 1992, p. 4).

 « La domination même est servile quand elle tient à l’opinion : car tu dépends des préjugés de ceux que tu gouvernes par les préjugés. Pour les conduire comme il te plaît, il faut te conduire comme il leur plaît (…). Tu as beau faire ; jamais ton autorité réelle n’ira plus loin que tes facultés réelles. Sitôt qu’il faut voir par les yeux des autres, il faut vouloir par leurs volontés. Mes peuples sont mes sujets, dis-tu fièrement. Soit ; mais toi, qu’es-tu ? Le sujet de tes ministres, et tes ministres à leur tour que sont-ils ? Les sujets de leurs commis, de leurs maîtresses, les valets de leurs valets. Prenez tout, usurpez tout, et puis versez l’argent à pleines mains, dressez des batteries de canon, élevez des gibets, des roues, donnez des lois, des édits, multipliez les espions, les soldats, les bourreaux, les prisons, les chaînes ; pauvres petits hommes, de quoi vous sert tout cela ? Vous n’en serez ni mieux servis, ni moins volés, ni moins trompés, ni plus absolus. Vous direz toujours : nous voulons, et vous ferez toujours ce que voudront les autres ». (Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’éducation, Paris, Gallimard, coll. « Folio Essais », 2010, p. 144-145).

 « On doit ensuite encourager l’expression des personnes incarcérées et de celles qui en ont la charge. L’expression est une composante essentielle de l’humanité des prisonniers et serait une source essentielle de connaissance sur les prisons qui aujourd’hui ne provient ni des détenus ni des personnels eux-mêmes – astreints au silence pour de multiples motifs -, mais de leurs représentants syndicaux qui développent, pour la plupart, depuis longtemps, un discours à la fois moral (« le détenu, c’est le mal ») et sécuritaire ». (Jean Bérard, Jean-Marie Delarue, Prisons, quel avenir ?, Paris, PUF, coll. « La Vie des Idées », 2016, p. 20).

 Exergue (Tony Ferri) :

« La prison résume fidèlement toutes les putridités du système pénal contemporain. Quand on entre en prison, on sent craquer sous ses pieds quelque chose comme les dalles froides d’une morgue, on sent vite grouiller alentour les vers. Loin de parvenir à faire jaillir le pus de la conscience, la prison substitue la désolation du charnier à l’éloquence de la prévention – réinsertion et, s’inspirant du choléra, son maître, elle transforme des hommes en pestiférés jetés dans une boue d’immondices. Pourquoi, diable, faudrait-il avoir besoin de voir pourrir ces pestiférés pour rêver de paix ? La prison, baignée de sanie, ne conduit pas qu’à émouvoir : elle écœure, au point de donner des nausées à des générations entières. En liant par le dégoût, en plaisant par l’horreur, elle éveille un instinct de bête des plus bas, et nous enfonce dans la vase de la dévotion à l’égard du culte malsain des purulences, de Pluton et de la Dame à la faux ».

 Bien cordialement,

Tony Ferri.

Éditions Libre et Solidaire :

https://libre-solidaire.fr/Pouvoir-et-politique-penale

Éditions Bréal et Studyrama :

https://librairie.studyrama.com/produit/3759/9782749536682/La%20surveillance%20electronique%20penale%20

Éditions L’Harmattan :

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=23689

 

 



Nouvelle recension de « Pouvoir et politique pénale »
9 octobre, 2017, 0 h 51 min
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Chers amis, chers collègues,

J’ai plaisir à vous informer de la parution d’une autre recension de Pouvoir et politique pénale. De la prison à la surveillance électronique, Libre et Solidaire, 2016, établie par le criminologue québécois André Normandeau de l’université de Montréal, et parue, à Paris, dans la Revue de science criminelle et de droit pénal comparé, no 3, Dalloz, juillet à septembre 2017, et à Ottawa, dans le Canadian Journal of Criminology and Criminal Justice, volume 59, number 4, Press of Toronto, October 2017.

 Je reproduis ici les premières lignes de cette recension, et merci pour votre intérêt et nos échanges :

Tony Ferri (2016). Pouvoir et politique pénale. De la prison à la surveillance électronique. Paris :  éditions Libre et Solidaire, 158 pages.

Tony Ferri porte un nom célèbre en criminologie. En effet, l’un des trois fondateurs historiques reconnus de la criminologie moderne, l’un des trois Italiens éminents de l’époque, est un Ferri, soit : Enrico Ferri (1856-1929). Il a créé avec Cesare Lombroso (1835-1909) et Raffaele Garofalo (1852-1934) un mouvement : « L’Anthropologie criminelle », devenu par la suite : « La criminologie », selon le titre novateur du premier livre à porter ce titre, celui de Garofalo en 1885.

En ce qui concerne Tony Ferri, une qualité relativement unique est celle d’un auteur qui est à la fois un scientifique qui a écrit déjà plusieurs livres, mais qui est aussi un praticien de la chose criminelle, puisqu’il est « conseiller d’insertion et de probation » au ministère de la Justice en France. Ce dernier livre que nous recensons, « Pouvoir et politique pénale », porte donc cette griffe à la lisière de la théorie-recherche et de la pratique quotidienne, ce qui est assez « unique » en criminologie et en droit pénal.

Ce livre de Ferri relève d’une approche contemporaine surnommée : la « criminologie radicale ». Il procède d’une « vision très critique » des institutions de la justice pénale, que ce soit la police, le tribunal ou le système carcéral, autant pour le système adulte que pour le système des mineurs. À ce titre, même les peines de substitution à l’emprisonnement, telle la « surveillance électronique », sont vivement critiquées par les auteurs de cette approche, ce qui est le cas précisément dans ce livre [...].

 

Voici le lien vers le Canadian Journal of Criminology and Criminal Justice d’octobre 2017 :

https://muse.jhu.edu/article/671540/pdf .

Bien cordialement,

Tony Ferri.

https://libre-solidaire.fr/Pouvoir-et-politique-penale .

 

pouvoir_politique_et_penale_ml

 

 



Documentaire « Nothing to hide » sur l’hypersurveillance
1 octobre, 2017, 17 h 09 min
Classé dans : Non classé

Chers amis, chers collègues,

 

Pour redécouvrir, jusqu’au bout, avec l’indispensable œil critique citoyen, l’intéressant documentaire « Nothing to hide » (« Rien à cacher »), qui est maintenant visionnable, en streaming, en accès libre et gratuit, via le site Vimeo, voici le lien direct : https://vimeo.com/193515863 . (Durée environ 01h30).

 

Bien cordialement,

Tony Ferri.



Tony Ferri, « Homo catenarius »
27 septembre, 2017, 10 h 19 min
Classé dans : Non classé

Tony Ferri, Homo catenarius. La surveillance électronique pénale comme système de « chaîne à la patte », Paris, L’Harmattan, 2017.

 Livre disponible à compter du 01 octobre 2017.

 Dédicace : « Au nom de la dignité et de la liberté de conscience ».

 Lien vers l’éditeur :

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=54550&razSqlClone=1

Aplat du livre : fichier pdf Homo catenarius (aplat)

 

 Extrait du livre, à propos de l’hypersurveillance (p. 10-12) :

 

« A l’intérieur de nos démocraties occidentales, l’hypersurveillance tend à s’imposer, au moyen d’une intériorisation des peurs et d’une familiarisation des esprits, des conduites et des expériences quotidiennes avec les techniques policières devenues sociales, comme la mise en place des fouilles à l’entrée des magasins, l’élargissement des écoutes téléphoniques, la multiplication des perquisitions administratives en l’absence de mandat judiciaire, ou la possibilité d’accès, par le contrôle social, à toutes sortes de données préalablement enregistrées dans les fichiers (de l’Assurance maladie, de Pôle Emploi, des fadettes téléphoniques, etc.), à l’insu des intéressés eux-mêmes, et à l’encontre de n’importe qui. De sorte que, dans un contexte sécuritaire largement étayé par une logique du soupçon et d’indistinction à l’encontre de l’ensemble des citoyens, il s’ensuit que l’honnête homme ou le quelconque n’est pas plus désormais à l’abri que le délinquant de faire l’objet d’un fichage, ainsi que d’une scrutation de ses habitudes, de ses fréquentations et de sa vie personnelle.

De là vient l’apparition, dans notre présent social, d’un double processus, à savoir la généralisation du sentiment de l’enfermement et l’excroissance de la réalité du contrôle au-delà des enceintes pénitentiaires. Bien que la prison soit perçue comme une modalité punitive quasi naturelle par la plupart des gens, alors même qu’elle est historiquement advenue, et bien qu’elle fasse figure de peine de référence par le pouvoir politico-judiciaire, il n’en demeure pas moins qu’elle se double et se renforce par la multiplication de ses succursales dans la société ouverte. Nous pouvons définir la société de l’hypersurveillance comme le processus par lequel notre époque et nos mœurs intègrent à la banalité de l’existence un conditionnement au besoin de sécurité et un mouvement de soumission à l’accueil, à la formation et à l’accroissement, en soi et autour de soi, d’une surveillance quotidienne massive. Au point que l’internement de sécurité qui avait cours jadis au moyen de la prison s’effectue aujourd’hui socialement, par le recours à l’utilisation du bracelet électronique comme menottes sociales et par le processus de mentalisation de l’hypersurveillance.

Ainsi, en ce point-limite où deviennent indistincts ou poreux l’espace public / social et l’espace privé, la dimension de la liberté et la dimension du contrôle, la sphère de la citoyenneté et la sphère de la délinquance, n’est-il pas inutile d’arrêter la réflexion sur l’avènement d’une nouvelle architecture désormais carcérale au sein du milieu libre. Et, en effet, à la faveur de cette nouvelle architecture sociale, il ressort que l’espace punitif reconfigure les territoires, se greffe sur les lieux d’habitation, imprègne le sentiment de soi et d’existence, et crée une ambiance d’enfermement aussi bien dans la subjectivité des individus et les relations interpersonnelles qu’ils nouent qu’au sein des milieux libres où ils ont coutume d’évoluer. Nous aurons alors à définir, à la lueur du carcéralisme social ambiant, la manière dont la structure et l’état de l’enfermement coïncident et se renforcent mutuellement entraînant, au plan empirique, l’émergence de l’homme de la captivité, et donnant lieu, au plan de l’analyse, à la naissance d’une nécessaire anthropologie carcérale, à la lumière de laquelle apparaît désormais le danger que le punitif ait partout préséance sur l’éducatif ».  

Homo catenarius

Bien cordialement,

Tony Ferri.

Éditions Libre et Solidaire :

https://libre-solidaire.fr/Pouvoir-et-politique-penale

 

Éditions Bréal et Studyrama :

https://librairie.studyrama.com/produit/3759/9782749536682/La%20surveillance%20electronique%20penale%20

 

Éditions L’Harmattan :

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=23689


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