Un site utilisant unblog.fr

« Revue de la prestidigitation », numéro 632 / juillet-août 2019
11 juillet, 2019, 23 h 33 min
Classé dans : Non classé

Chers amis, chers collègues,

En cette période estivale, il m’est agréable de venir vous annoncer la parution du nouveau numéro de la Revue de la prestidigitation (numéro 632, juillet-août 2019), auquel j’ai apporté ma contribution dans la rubrique « Magie et philosophie » par l’établissement d’un article portant sur la question des rapports entre la magie et la religion, à l’occasion de la publication du livre de Gérard Majax Les miracles de la Bible vus par un illusionniste (Éditions First, 2018).

Pour partage, vous trouverez, ci-dessous, à votre disposition, la première de couverture et le sommaire de ce numéro, aux formats JPG et PDF.

Très bonne fin de semaine.

Bien cordialement.

Revue de la prestidigitation, no 632, juillet-août 2019Revue de la prestidigitation, no 632, juillet-août 2019 (le sommaire)Revue de la prestidigitation, no 632, juillet-août 2019 (le sommaire suite)

fichier pdf Revue de la prestidigitation, no 632, juillet-août 2019fichier pdf Revue de la prestidigitation, no 632, juillet-août 2019 (le sommaire)fichier pdf Revue de la prestidigitation, no 632, juillet-août 2019 (le sommaire suite)



« Abolir la prison » sur les ondes de radio C-Lab
26 juin, 2019, 22 h 52 min
Classé dans : Non classé

Abolir la prisonTony Ferri et Sylviane Orhan

Chers amis, chers collègues,

C’est avec plaisir que je viens partager avec vous ici un entretien que l’occasion m’a été fournie de donner dernièrement à l’équipe de la radio C-Lab, consécutivement à la publication de mon livre Abolir la prison. L’indispensable réforme pénale, Éditions Libre et Solidaire, 2018. Cet entretien fait suite à la série de reportages que la radio a consacrée à la question dite des « familles sous écrou », et, par conséquent, à l’impact d’une incarcération sur les proches des personnes détenues. Voici le lien vers l’enregistrement radiophonique :

https://www.c-lab.fr/article/social/familles-sous-ecrou-bonus.html

 Très positivement et chaleureusement.



Revue « Lien social », no 1253
15 juin, 2019, 13 h 07 min
Classé dans : Non classé

Lien social, no 1253, 11 juin 2019Tony Ferri (31)

Chers amis, chers collègues,

Par ce post, permettez-moi de venir partager avec vous l’annonce de la parution du nouveau numéro de la revue  Lien social (numéro 1253, du 11 juin 2019), auquel j’ai eu le vif plaisir de participer par la publication de l’article « Le contrôle social : un facteur d’enfermement ? » (cf., la rubrique « Matière à pensées »).

Pour obtenir éventuellement plus de détails sur ce numéro ou vous le procurer, vous avez la possibilité de consulter ce lien à partir duquel il vous sera facile d’accéder à son sommaire, en le déroulant :

https://www.lien-social.com/-1253-

Je profite de nos échanges de ce jour pour vous souhaiter un bien agréable week-end et adresser une joyeuse fête des pères aux papas chanceux.

Très cordialement,

Tony Ferri.

Philosophe, docteur en philosophie, chercheur au Gerphau, conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation, auteur.

 



[Extraits] « De la domination »
10 juin, 2019, 15 h 58 min
Classé dans : Non classé

Tony Ferri (29)De la domination... (couverture)

Chers amis, chers collègues,

C’est avec plaisir que je viens partager avec vous ici deux extraits du livre De la domination, écrit avec le biologiste et mon ami Thierry Lodé, et publié chez Libre et Solidaire, en 2017.

Ces passages sont extraits du chapitre 5 portant sur la question de l’autorité, où il est examiné, d’une part, le fait que l’exercice de cette autorité ne soit pas forcément hiérarchique en la nature (contrairement à ce que l’on peut croire spontanément ou naïvement), et, d’autre part, le fait que les animaux s’organisent socialement sur un schéma beaucoup plus souvent matriarcal que patriarcal (là encore, par opposition à bien des idées reçues).

Bien chaleureusement.

 

« Ainsi, chez les animaux, les mécanismes de prise de décision révèlent que l’autorité naturelle ne semble reposer ni sur une puissance ni sur une contrainte, ni même sur une forme manipulatrice de persuasion. Elle apparaît juste issue de la volonté générale du groupe, plus ou moins médiatisée par une matriarche dépositaire de l’expérience acquise de la troupe. Dès lors, la démarche qui entend faire de l’autorité un pouvoir exercé naturellement à travers un rôle social est clairement une imposture. Peu importe qu’elle prétende dériver d’un talent naturel, de l’argent, de la légalité politique ou de normes établies, la domination n’a de puissance que dans la double illusion de celui qui use de son ascendant momentané et de celui qui la sacralise. Comme le remarquait si pertinemment La Boétie il y a quelques siècles, si l’habitude la fonde, tous peuvent bien idolâtrer leur tyran et croire en sa réalité naturelle. La modernité du texte de La Boétie tient à ce qu’il décrit combien la figure la plus commune de la domination reposait sur l’illusion d’une autorité naturelle ». (Cf., De la domination. Essai sur les falsifications du pouvoir, Paris, Éditions Libre et Solidaire, 2017, p. 79-80).

« Dans le cas des éléphants, le troupeau, qui se réunit autour d’éléphanteaux et de jeunes adultes, est généralement emmené par les femelles. Là encore, ce n’est pas forcément la même femelle ou ‘matriarche’, à savoir la femelle la plus âgée et la plus expérimentée, qui conserve le rôle de guide de la harde. Tout semble concourir à montrer, au contraire, qu’on a affaire, au sein du groupe, à un partage des tâches, même si certaines femelles apparaissent mieux indiquées que d’autres pour assurer les tâches les plus sérieuses, comme celle relative à la satisfaction du besoin de se nourrir. Il se peut que plusieurs meneuses se manifestent et que le troupeau décide de suivre l’une d’entre elles plutôt qu’une autre. De toute manière, c’est seulement par un partage régulier des connaissances que les éléphants peuvent voir émerger une nouvelle meneuse à la mort de l’ancienne matriarche ». (Cf., De la domination. Essai sur les falsifications du pouvoir, op. cit., p. 76-77).

Site des Éditions Libre et Solidaire : https://libre-solidaire.fr/De-la-domination

 



[Extrait] « Emprisonner et surveiller »
8 juin, 2019, 11 h 39 min
Classé dans : Non classé

Tony Ferri (28)Couv. Emprisonner et surveiller

Chers amis, chers collègues,

Voici, ci-dessous, pour partage, un extrait du livre Emprisonner et surveiller, paru en 2016, aux Éditions Bréal, portant sur l’aspect organisationnel et architectural de la prison.

Bon week-end !

Très cordialement.

 

[Extrait] Tony Ferri, Emprisonner et surveiller. Vers la normalisation du placement sous surveillance électronique ?, Paris, Bréal, 2016, p. 71-74 :

 « La clôture des prisons empêche la pénétration de tout élément extérieur, à commencer par la lumière naturelle. Dans les prisons modernes, au niveau des postes d’information et de contrôle où campent les surveillants qui vérifient tout particulièrement les entrées, les sorties et les mouvements des détenus, et qui ont la responsabilité de veiller à ce qu’aucun prisonnier ne manque à l’appel au sein du quartier où ils se trouvent, on observe la présence d’une lumière artificielle et agressive. L’éclairage y est diffus et permanent à l’aide d’ampoules ou de spots de couleur blanchâtre ou jaunâtre. La nature même du poste de contrôle, qui doit être, du moins en théorie, fermé, afin d’alerter plus efficacement la hiérarchie en cas de problème ou d’anomalie, implique qu’il soit moins éclairé que l’espace qui le jouxte immédiatement et qui l’entoure. Les lampes sont fortement braquées sur le carrefour où est placé le poste d’information et de contrôle, puisque c’est obligatoirement ce carrefour que doivent emprunter les détenus lorsqu’ils sont autorisés à quitter le quartier pour se rendre à un autre endroit de l’établissement, comme, par exemple, dans les ateliers, au parloir ou au service médical. La lumière diffuse et continue qui est placée au centre du quartier tranche avec une lumière plus tamisée au niveau des couloirs. La présence de quelques fenêtres sur les parois des couloirs laisse s’introduire une lumière naturelle en réalité peu efficace, compte tenu du fait qu’elles possèdent des barreaux et qu’elles ne sont pas suffisamment larges au regard de l’imposante masse de la structure. De sorte qu’il est facile de comprendre que le système de l’éclairage est interne à l’établissement et incorporé à son architecture même qui ne laisse que peu de place à la pénétration d’une large lumière naturelle directe. Le rayonnement de la lumière naturelle, qui est timide en détention, n’y est jamais vertical ou zénithal. Cette lumière s’infiltre par les fenêtres qui apparaissent comme de maigres interstices vis-à-vis de l’épais sarcophage. À cette absence de lumière naturelle zénithale s’ajoute le manque de chaleur des lieux. Généralement, on observe, dans la détention moderne, sinon une froidure, du moins une certaine fraîcheur constante due au système de fermeture des espaces et au rejet de la lumière vers l’extérieur. L’effet de réverbération de la lumière vers l’extérieur et le système d’isolation des lieux contribuent à donner à l’établissement pénitentiaire un aspect de thermos dont la température interne est tantôt tiède, tantôt moite. L’une des caractéristiques de la prison est l’humidité ambiante qui impose aux objets, aux habits, aux mains une certaine moiteur permanente. La froidure moite des lieux se double, en détention, d’une froideur de caractère et de tempérament. Sur un plan psychologique, en l’absence d’amabilités et de considération, et en raison de la ‘caporalisation’ des liens humains entre les personnels et les détenus d’une part, et entre le personnel de surveillance et le personnel de direction d’autre part, l’atmosphère des prisons est glaciale. S’y constatent un manque de chaleur humaine, la pauvreté des liens humains, la froideur de caractère, l’appellation des détenus par les surveillants et les directeurs à l’aide du nom propre sans la particule ‘monsieur’, la dénomination des personnels pénitentiaires par les détenus à l’aide des mots désincarnés, sans l’accompagnement du nom propre, comme ‘surveillant’ ou ‘chef’, la disparition des relations de cœur. Le territoire des établissements pénitentiaires est un lieu emblématiquement sans ferveur ».

Site des Éditions Studyrama/Bréal :

https://librairie.studyrama.com/auteur/2258/tony-ferri



A paraître : « Libre et condamné »
30 mai, 2019, 17 h 13 min
Classé dans : Non classé

Couv. Libre et condamné (Tony Ferri)

Chers amis, chers collègues,

Comme vous le savez, mon prochain livre Libre et condamné. La détention en milieu ouvert en question paraîtra, dans le courant du mois de juin prochain, aux Éditions Libre et Solidaire. Il fait suite à mon ouvrage sur l’abolition, et prolonge ses développements en s’intéressant plus particulièrement aux services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP), tels qu’ils exercent leurs activités en dehors des établissements pénitentiaires, c’est-à-dire à l’extérieur des prisons, au sein du milieu ouvert.

Je tiens à partager avec vous le fait que je suis à la fois fort ému et très honoré par la publication de ce livre : d’abord fort ému, pour la raison que j’ai choisi de le dédicacer tout spécialement à Claude B., directeur pénitentiaire d’insertion et de probation (adjoint au DFSPIP), que j’ai bien connu parce qu’il avait été un cadre de proximité et qui a disparu prématurément l’an passé, injustement aux portes de la retraite : il m’a bien fallu lui adresser mes pensées les plus sincères et lui témoigner, à ma manière, comme sous le sceau de l’immortalité, ma reconnaissance et mon amitié  ; ensuite très honoré, dans l’exacte mesure où mon livre est préfacé par Christian Daniel, directeur fonctionnel des services pénitentiaires d’insertion et de probation honoraire, qui a tant apporté à la profession de l’insertion et de la probation, non seulement par ses compétences professionnelles, ses mille expériences et son volontarisme, mais encore par son sens aigu, réel, précieux de l’humanisme.

Permettez-moi de profiter de nos échanges de ce jour pour vous communiquer, ci-après, le texte qui servira de base à la quatrième de couverture de l’ouvrage.

Avec mes meilleurs sentiments.

Tony Ferri.

 

« Avec ses 70 000 personnes détenues, la France souffre d’une inflation carcérale endémique et chronique. Mais savons-nous que 180 000 individus exécutent une peine en milieu dit ouvert, et sont condamnés et suivis à l’extérieur des prisons  françaises ? Cet ouvrage permet de comprendre les mécanismes judiciaires et administratifs qui sont concrètement à l’œuvre dans le suivi des personnes condamnées hors les murs et nous indique comment améliorer les conditions des prises en charge à l’extérieur même des établissements pénitentiaires. Les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation, qui ont en charge ces missions, ne sont pas de simples gestionnaires de flux et de risque. L’insertion et la probation sont les deux pôles fondateurs et indispensables de la justice en milieu ouvert ; ils ne peuvent ni se concevoir ni s’appliquer l’un sans l’autre. Le développement des procédures d’accompagnement, l’instauration de techniques ou de méthodologies complémentaires de prises en charge, l’apport de nouveaux moyens humains ou financiers adaptés, au profit du milieu ouvert, iront dans le sens du projet d’abolition des prisons, grâce à la prévention de la récidive et à la réinsertion ».

 

A paraître chez Libre et Solidaire : https://libre-solidaire.fr/A-paraitre



Hymne à la liberté
30 mai, 2019, 0 h 31 min
Classé dans : Non classé

Chers amis, chers collègues,

Voici un bel hymne à la liberté signé par la Haute École du travail social de Genève, qui me fait le plaisir de citer Abolir la prison. L’indispensable réforme pénale, Éditions Libre et Solidaire, 2018 :

https://hetsinfothequedocdactublog.wordpress.com/portfolio/liberte/?fbclid=IwAR0p3vvRTapBco-aLNIFxs02wKaynuzfY2rDQEzxw-xoItSuP27aJOG4NgA

En vous souhaitant de passer une belle journée de l’Ascension.

Bien cordialement.



Introduction au livre « Abolir la prison »
26 mai, 2019, 13 h 53 min
Classé dans : Non classé

Chers amis, chers collègues, chers citoyens,

Faisant suite à la série de conférences sur l’abolition de la prison, à laquelle j’ai participé et qui s’est tenue au Théâtre national de Marseille (La Criée) le samedi 18 mai 2019, et consécutivement à vos sollicitations, retours et propositions, j’ai plaisir à partager avec vous ici un enregistrement audio tout récemment mis en ligne (d’une durée de 23 minutes environ), qui reproduit les grandes articulations de ma communication proférée justement à la cité phocéenne.

Il s’agit d’une intervention visant à introduire philosophiquement et sociologiquement à mon livre Abolir la prison. L’indispensable réforme pénale, Éditions Libre et Solidaire, 2018, en lequel est développée, à l’intérieur d’une section qui lui est largement consacrée, une conception inédite sur l’organisation de nouveaux axes de prise en charge des personnes condamnées. Bien entendu, je suis toujours très enchanté de prendre connaissance de vos questions, remarques et objections éventuelles, et de prolonger, comme citoyen-philosophe, la discussion avec vous, lorsque l’occasion nous en est fournie.

Il me paraît important de dédier ma communication à toutes celles et à tous ceux, qu’ils soient professionnels de la justice ou pas, qui nourrissent, clairement ou en secret, le désir d’entrer dans une nouvelle ère des pénalités et dans la voie du changement. Je crois profondément que c’est en ayant l’audace de mettre positivement notre énergie au service du neuf et de la réconciliation collective, au lieu de constamment la placer négativement au service de l’accroissement ou du durcissement des seules logiques punitives, qu’émergera un autre visage de ce qu’on appelle « condamnations ». Dans ce registre complexe, il y a tant et tant de choses à voir, à entreprendre, à faire…

 Conférence de Tony Ferri : qu‘est-ce qui fait qu’on peut vouloir abolir la prison ? :

https://www.youtube.com/watch?v=bcOJv9K2owg

Très chaleureusement. 

Éditions Libre et Solidaire : https://libre-solidaire.fr/Abolir-la-prison

Abolir la prison (2)Abolir la prison



« Revue de la prestidigitation », numéro 631 / mai-juin 2019
23 mai, 2019, 23 h 48 min
Classé dans : Non classé

Chers amis, chers collègues,

Je suis fort content de venir vous annoncer la parution du nouveau numéro de la Revue de la prestidigitation (numéro 631 / mai-juin 2019), auquel j’ai eu le plaisir de participer par la publication d’un article, dans la rubrique « Magie et Philosophie », ayant pour  titre « La paradoxale notion de magie engagée ».

Vous trouverez à votre disposition ci-dessous les images, au format JPG, relatives à la couverture et au sommaire de ce numéro.

Très magiquement et chaleureusement,

Tony Ferri.

Le site de la FFAP : https://www.magie-ffap.com/

Revue de la prestidigitation, no  631, mai -juin 2019 (couverture)-page-001Revue de la prestidigitation, no  631, mai -juin 2019 (sommaire)-page-001Revue de la prestidigitation, no  631, mai -juin 2019 (sommaire suite)-page-001



Préface à «  La Compulsion de punir »
12 mai, 2019, 12 h 20 min
Classé dans : Non classé

René Schérer et Tony Ferri, le 16 03 2019Couverture La Compulsion de punir de Tony Ferri

Chers amis, chers collègues,

Faisant suite à nos échanges et à vos demandes, c’est avec plaisir que je m’en vais vous communiquer ci-dessous la préface qu’a établie René Schérer à mon livre La Compulsion de punir (L’Harmattan, 2015). 

Comme l’indique avec force le philosophe dans son texte baptisé « La fin d’une illusion », il s’agit notamment de « déceler la haine d’autrui et le mal de vivre sous les apparences de la justice et de l’équité ». L’interrogation qu’un tel énoncé suscite ne saurait se tarir, pour qui comprend dans quelle mesure, en quel sens et jusqu’où il importe de la maintenir dans sa difficulté même…

Merci encore à René Schérer !…

Bien positivement,

Tony Ferri.

fichier pdf Préface de René Schérer à La Compulsion de punir de Tony Ferri

Préface à La Compulsion de punir, L’Harmattan, 2015

La fin d’une illusion

Il est des livres qui, par la vertu seule de leur nom et l’orientation de leur propos, font que la pensée change d’axe. Elle ne gravite plus autour des mêmes ressassements, de la même logique. Elle en adopte une nouvelle, à la faveur du changement brusque, sinon brutal qu’ils imposent. Dans ma jeunesse, grâce à Jean Lacroix qui professait en Khâgne au Lycée du Parc de Lyon, je crois bien que celui qui a joué ce rôle fut L’homme du ressentiment de Max Scheler. Auquel j’ajouterai, toujours grâce au même philosophe, cet ouvrage de Jean-Marie Guyau si injustement oublié aujourd’hui, et dont le titre suffit à énoncer tout  un programme : Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction.

De telles formules ont éveillé en nous un écho qui n’en a pas fini de retentir. « Ainsi qu’un tympanon », ils fatiguent, c’est-à-dire chargent, meublent, nourrissent la mémoire. Ils la forcent à opérer une conversion salutaire ; à regarder ailleurs que selon les lieux communs, les certitudes infondées. Le ressentiment : que de fois l’idée que nous nous faisons de la justice n’est que l’expression d’une haine, d’un esprit de vengeance contre l’adversaire qui l’a emporté sur nous. La sanction : au nom de quel principe supérieur nous estimons-nous en droit d’infliger à autrui une peine afflictive, de le priver de liberté, de le retrancher de la société active, vivante ? Où se loge la justice, quel est le point d’application de l’évidence, pour le crime ou la faute, d’une punition ?

La mise en question de la sanction, la prise de conscience du ressentiment caché qui motive nos actes opèrent le brusque sursaut révélateur. Voici venu le temps du réveil, celui de nous secouer, l’instant de l’heure qui sonne. « Quelle heure est-il ? », écrivait Nietzsche au début de la Généalogie de la morale, énoncé inaugural, lui aussi, vibrant comme un appel à dissiper les rêves ; les illusions d’une « bonne conscience » tout aussi fallacieuses que celles du prétendu « bon sens ».

C’est à cette famille de pensée qu’appartient le livre que l’on va lire. A un tel changement d’axe et de perspectives qu’invite Tony Ferri dont on connaît déjà la toute récente critique de la prison, Qu’est-ce que punir ?, où, selon une méthode inspirée de celle de Michel Foucault, il dénonçait, de façon circonstanciée et passionnée, « l’extravagante » inflation des incarcérations requises par le pouvoir judiciaire, ainsi que les sophismes invoqués pour sa justification par une société de plus en plus devenue société de surveillance et de contrôle.

Donnant plus que jamais lieu à  reprendre la formule nietzschéenne concernant les valeurs en cours : « Que nous est-il donc arrivé ? ». Ne faut-il pas prendre, en ce cas, le problème à l’envers ? Ne faut-il pas inverser les perspectives, permuter les points d’appui ? Un tel  acharnement à punir,  à inventer de toujours nouveaux prétextes pour sévir et incarcérer, ne convient-il pas de chercher ses motivations et sa source en son auteur même ou son suppôt, n’est -il pas urgent de sortir de sa gangue et d’exhiber une compulsion intime animant « le punisseur » ?

On songe à Spinoza, et c’est bien là sa méthode, en effet : il n’y a pas de Bien ni de Mal en eux-mêmes. Une chose est dite bonne parce qu’elle nous réjouit et que nous l’aimons ; mauvaise, parce qu’elle nous afflige ou nous déplaît. Ou, en termes plus conformes à ceux de l’auteur de L’Éthique : « La connaissance du bien et du mal n’est rien d’autre que l’affect lui-même, en tant que nous en sommes conscients » (Éthique, IV, proposition 8).

Appliqué à notre problème, cela signifiera qu’il n’y a pas de valeur en soi, de Bien et de Mal, ni encore de Crime ; sinon relativement à des effets individuels ou sociaux. Que « l’affect », joie, tristesse ou « augmentation de la « puissance » corporelle ou psychique, bien-être ou utilité, sont les seuls critères. D’où il suit qu’il faut regarder du côté, non d’un « objet » qualifié de telle ou telle manière, mais du sujet qui lui attribue ces qualités. Lui-même étant animé de telle ou telle pulsion, ou poussé à agir ;  qui, lorsqu’elle est contraignante, agrémentée de justifications morales, devient « compulsion » ou, subjectivement, « obsession ». L’obsession de punir.

Qui niera que la pulsion qui guide une large majorité de nos congénères, l’ensemble de ce qu’on nomme « pouvoirs », n’est pas compulsionnelle, obsessionnelle ? Une obsession de punir s’appuyant sur les arguments moraux de justice, de sécurité commune.

C’est elle que Tony Ferri soumet à l’examen, à laquelle il applique un sens précis de l’analyse, sa passion, voire une verve de bon aloi. Vous voulez punir ? Mais regardez d’abord en vous. Un questionnement qui reprend, d’une certaine manière, le mot de l’Écriture : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Un argumentaire, pourtant, qui va plus loin que lui, qui l’explicite et l’approfondit. Certes, c’est bien toujours à cette idée d’un « péché » primordial, d’un « univers morbide de la faute », selon (encore un autre titre-choc) le docteur Angelo Hesnard, que tout se réfère. Mais il faut aussi déceler, plus avant, sciemment ou non,  l’angoisse de vivre dans une société perçue comme hostile, sans finalité perceptible. Déceler la haine d’autrui et le mal de vivre sous les apparences de la justice et de l’équité.

Le regard change alors de direction et la réflexion de matière. Cesse la mesquinerie des calculs policiers et judiciaires, celle de l’opinion commune, dans lesquels s’empêtrent les pensées de punition et de vengeance. Prend fin l’illusion de remédier par là de quelque manière aux heurts et dérangements de l’ordre social. Alors qu’il ne s’agit que de palliatifs dérisoires, viciés dans leur principe même.

Il y a, certes, trouble, dysfonctionnement du social comme de l’individuel ; mais ce trouble affecte notre civilisation, notre culture. Un Malaise dans la civilisation que Freud a su, à bon escient, dès son temps, épingler et dénoncer. Sans en tirer pourtant toutes les conséquences. Se résignant même à une insoluble tension entre la puissance des désirs vitaux et leur contrainte inévitable.

L’essai suggestif et séduisant de Tony Ferri semble nous proposer autre chose. Il ouvre, précisément parce qu’il dénonce la répression punitive comme obsession, sur l’idée d’une société qui serait moins préoccupée de ramener tout à la règle de ses présupposés, de ses préjugés, de ses stéréotypes sociaux et moraux que de se tenir à l’écoute de l’autre. Voire, en la circonstance, du fameux « délinquant » constitué pour l’essentiel, inventé par les punitions justement qui devaient (ou devraient) le guérir. Même si ses exigences sont formulées, dans l’immédiat, de façon excessive et peu audible. Mais pour que, d’ennemi actuel et potentiel, il se change en invité, hôte et convive.

Et ce, parce que la première des conditions est que nous sachions voir clair en nous, nous délivrer de nos angoisses, de nos peurs.

Ce livre libère ou, tout au moins, met sur la voie d’une autre manière d’aborder nos contraintes ; ce qui n’est pas peu.

 René Schérer


12345...19

MELODINE |
François, pour toi, c'... |
Celal Karaman Güncel Blog,c... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Euristote
| Blackdiamond1999
| EmGlob