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[Extraits] « De la domination »
10 juin, 2019, 15 h 58 min
Classé dans : Non classé

Tony Ferri (29)De la domination... (couverture)

Chers amis, chers collègues,

C’est avec plaisir que je viens partager avec vous ici deux extraits du livre De la domination, écrit avec le biologiste et mon ami Thierry Lodé, et publié chez Libre et Solidaire, en 2017.

Ces passages sont extraits du chapitre 5 portant sur la question de l’autorité, où il est examiné, d’une part, le fait que l’exercice de cette autorité ne soit pas forcément hiérarchique en la nature (contrairement à ce que l’on peut croire spontanément ou naïvement), et, d’autre part, le fait que les animaux s’organisent socialement sur un schéma beaucoup plus souvent matriarcal que patriarcal (là encore, par opposition à bien des idées reçues).

Bien chaleureusement.

 

« Ainsi, chez les animaux, les mécanismes de prise de décision révèlent que l’autorité naturelle ne semble reposer ni sur une puissance ni sur une contrainte, ni même sur une forme manipulatrice de persuasion. Elle apparaît juste issue de la volonté générale du groupe, plus ou moins médiatisée par une matriarche dépositaire de l’expérience acquise de la troupe. Dès lors, la démarche qui entend faire de l’autorité un pouvoir exercé naturellement à travers un rôle social est clairement une imposture. Peu importe qu’elle prétende dériver d’un talent naturel, de l’argent, de la légalité politique ou de normes établies, la domination n’a de puissance que dans la double illusion de celui qui use de son ascendant momentané et de celui qui la sacralise. Comme le remarquait si pertinemment La Boétie il y a quelques siècles, si l’habitude la fonde, tous peuvent bien idolâtrer leur tyran et croire en sa réalité naturelle. La modernité du texte de La Boétie tient à ce qu’il décrit combien la figure la plus commune de la domination reposait sur l’illusion d’une autorité naturelle ». (Cf., De la domination. Essai sur les falsifications du pouvoir, Paris, Éditions Libre et Solidaire, 2017, p. 79-80).

« Dans le cas des éléphants, le troupeau, qui se réunit autour d’éléphanteaux et de jeunes adultes, est généralement emmené par les femelles. Là encore, ce n’est pas forcément la même femelle ou ‘matriarche’, à savoir la femelle la plus âgée et la plus expérimentée, qui conserve le rôle de guide de la harde. Tout semble concourir à montrer, au contraire, qu’on a affaire, au sein du groupe, à un partage des tâches, même si certaines femelles apparaissent mieux indiquées que d’autres pour assurer les tâches les plus sérieuses, comme celle relative à la satisfaction du besoin de se nourrir. Il se peut que plusieurs meneuses se manifestent et que le troupeau décide de suivre l’une d’entre elles plutôt qu’une autre. De toute manière, c’est seulement par un partage régulier des connaissances que les éléphants peuvent voir émerger une nouvelle meneuse à la mort de l’ancienne matriarche ». (Cf., De la domination. Essai sur les falsifications du pouvoir, op. cit., p. 76-77).

Site des Éditions Libre et Solidaire : https://libre-solidaire.fr/De-la-domination

 


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